L’Intéroception, les pratiques contemplatives, et la santé

« intéroception, contemplative practice, and health »

Norman Farb, University of Toronto Mississauga, Mississauga, ON, Canada,

Jennifer Daubenmier, University of California San Francisco, San Francisco

Cynthia J. Price, University of Washington, Seattle, WA, USA,

Tim Gard, Maastricht University, Maastricht, Netherlands,

Catherine Kerr, Brown University, Providence, RI, USA,

Barnaby D. Dunn, University of Exeter, Exeter, UK,

Anne Carolyn Klein, Rice University, Houston, TX, USA,

Martin P. Paulus University of California San Diego, La Jolla, CA, USA

Wolf E. Mehling, University of California San Francisco, San Francisco

Traduction : Florian JOURNOT – fluxdevie.net

 

L’intéroception peut être définie comme sensation des signaux d’origine intra-corporelle. Ainsi, l’intéroception est cruciale pour nos sentiments d’incorporation, de motivations, de bien-être. Et pourtant, malgré son importance, l’intéroception reste peu compréhensible par les sciences modernes. Cet article passe en revue les perspectives transdisciplinaires sur l’intéroception, dans le but de présenter une perspective cohérente à partir de divers champs tels que les neurosciences, la pratique clinique, et les études contemplatives. Cet effort d’intégration devrait permettre de faire avancer notre compréhension sur la manière dont l’intéroception conditionne le bien-être, et d’identifier les principaux défis d’une telle compréhension. Dans ce but, nous proposerons une taxonomie développée des processus intéroceptifs, avec comme argument que beaucoup de ces processus peuvent être compris à travers un modèle émergent de codage prédictif pour l’intégration corps-esprit. Ce modèle, qui décrit la tension entre les sensations corporelles ressenties et attendues, met en parallèle les théories contemplatives, et envisage l’implication de l’intéroception dans une variété de troubles affectifs et psychosomatiques. Nous concluons que c’est une construction mal adaptée des sensations corporelles qui repose au cœur de nombreuses maladies contemporaines, et que les pratiques contemplatives atténuent ces biais dans l’interprétation sensorielle, en restaurant le sens de la présence de la personne et sa relation au monde.

Introduction

Introduction à l’intéroception

L’intéroception est le processus de réception, d’accès et d’évaluation des signaux corporels. Le maintien des états physiologiques désirés est crucial pour la survie de l’organisme, et l’intéroception est ainsi un puissant motivateur du comportement pour la recherche de ces états. ( Craig 2002 ; 2009). Tandis que que l’intéroception comme objet de l’attention a été définie plus étroitement comme la représentation des sensations corporelles afférentes ( Craig 2003 ; Critley et al. 2004), des définitions plus larges envisagent l’intéroception comme une construction multidimensionnelle qui prends aussi en compte la manière dont les personnes assistent, évaluent et répondent à ces sensations. ( (Vaitl, 1996; Cameron, 2001; Verdejo-Garcia et al., 2012). L’intéroception est prise en charge par des voies neurologiques de mieux en mieux connues avec des représentations corticales dédiées proches des sens externes. (Craig, 2002; Critchley et al., 2004; Critchley and Harrison, 2013), bien que la nature d’une telle représentation est résolument plus mystérieuse, et demande des investigations empiriques.

L’intéroception est un processus répétitif, qui requiert une réciprocité entre la perception d’états corporels et leurs évaluations cognitives, pour aviser des réponses sélectives. Les signaux sensoriels afférents interagissent continuellement avec des représentations cognitives de plus haut niveau : buts, histoire et environnement, générant l’expérience émotionnelle et motivant les comportements régulateurs. (Craig,2009). Ensemble, ces répétitions génèrent un sentiment de soi-même, chargé avec un « contexte de motivation». (Damasio, 2003b). Un tel contexte a alors la possibilité de déclencher les tendances de rapprochement ou d’évitement, ainsi ces ces interactions ont des implications importantes pour le bien-être (Beck, 2008). Inversement, les expériences de la vie affectent l’intéroception : la disponibilité et la pertinence des représentations corporelles sont gérées par des facteurs tels que les repères attentionnels (Ainley et al., 2012), l’entraînement contemplatif tel que le Yoga, Taï-chi, etc. (Bornemann et al., 2014) et l’âge de la personne (Khalsa et al.2009). La manière dont les processus de l’intéroception sont formés par l’expérience est donc importante à comprendre, pour les efforts de recherche dans le bien être et la résilience au stress.

L’intéroception et le Bien-être.

Une raison connue pour laquelle l’intéroception, faculté perceptive, est mise en relation avec le bien être est sa connexion intime avec l’auto-régulation, ayant probablement évoluée pour aider les organismes à maintenir l’homéostasie. (Paulus, 2007; Herbert and Pollatos, 2012; Craig, 2013; Gu and Fitzgerald, 2014). Dans la vie moderne, les signaux corporels à valence émotionnelle sont aussi connus pour contribuer à élargir les états d’humeur qui soutiennent l’équilibre émotionnel. (Paulus and Stein, 2006; Craig, 2007; Seth, 2013). Dans la mesure où une personne est sensible aux signaux intéroceptifs, de tels signaux guident la prise de décision. (Dunn et al., 2010) Encore que, une haute sensibilité n’est pas sans contrepartie : lorsque les sensations corporelles sont défaillantes, comme pour les personnes avec une hyper mobilité articulaire, de plus grandes sensations corporelles peuvent aussi contribuer à ressentir de l’anxiété . (Mallorquí-Bagué et al., 2014). Ainsi, la sensibilité à l’intéroception pourrait soit soutenir soit perturber le bien-être, ce qui suggère la nécessité d’une orientation dans la régulation des signaux viscéraux les plus saillants.

Parallèlement aux découvertes des sciences cliniques modernes, les sciences contemplatives traditionnelles suggèrent que la prise de conscience des processus intéroceptifs est importante pour l’adaptation comportementale (Wallace, 2007), perturbant la perception sur-apprise, et les habitudes d’interprétation formées au cours du développement cognitif et la direction du comportement par des intentions de niveau complexe (Vago and Silbersweig, 2012). Lorsque l’incorporation de soi-même est plus complètement prise en conscience à travers l’attention aux interactions intéroceptives en cours, deux sentiments complémentaires apparaissent : la Présence, qui relie à l’instant, et la L’Aptitude , la capacité de changement effectif, qui sont fondamentales pour permettre un sentiment de bien-être (Seth et al2011). Pour dessiner la pertinence salutaire de l’intéroception, la recherche doit donc se tourner vers une intégration des champs sensoriels et affectifs, dans un vaste contexte de motivations .

La motivation de cet article.

Dans les dernières décennies, les mécanismes de l’attention intéroceptive, l’importance des indices intéroceptifs pour la santé psychique et physique, et le développement d’habitudes intéroceptives saines, sont devenues des sujets d’investigations actifs. Toutefois, la perspicacité dans ces trois domaines est rarement réunie, limitant la progression de la compréhension de leur signification globale. En Avril 2013, les auteurs se rencontrèrent pour discuter de l’intéroception à travers de nombreuses perspectives – incluant les neurosciences, la psychologie clinique et sociale, les soins alternatifs et complémentaires, la médecine, le Bouddhisme et les études contemplatives. Notre objectif est de mieux expliquer la manière dont l’information intéroceptive peut être masquée ou révélée à l’attention consciente, la manière dont notre évaluation d’un niveau donné d’attention intéroceptive contribue au bien-être, et quel rôle les pratiques contemplatives pourraient jouer dans ces processus.

Ici, nous tentons d’intégrer les théories intéroceptives contemporaines à partir de ces perspectives variées, dans l’espoir d’améliorer la précision des concepts de l’intéroception, et d’identifier les prochaines étapes pour avancer dans ce domaine. Premièrement, nous définissons l’intéroception à partir de perspectives scientifiques et contemplatives, en nous concentrant sur un modèle de codage prédictif de représentations qui grandit en popularité dans la communauté scientifique. Puis, nous discutons le rôle de l’intéroception dans le bien-être physique et psychique, notamment en ce qui concerne les preuves cliniques qui se font jour. Troisièmement, nous explorons la manière dont les pratiques contemplatives pourraient interagir avec les processus de l’intéroception pour améliorer le bien-être de chacun et le lien relationnel avec les autres. Finalement, nous résumons les résultats remarquables dans l’étude de l’intéroception, et indiquons des recommandations pour les recherches futures.

L’intéroception dans la Psychologie, les Neurosciences,

et les Traditions contemplatives.

Vers une science de l’intéroception

L’étude scientifique du cerveau, de l’esprit et du corps, fournit un cadre pour des modélisations objectives de l’intéroception. Les études neuroanatomiques ont identifié les chemins qui permettent et modulent les représentations intéroceptives, et en tant que tels, peuvent être impactés de manière mesurable par la psychopathologie ou les pratiques contemplatives. Ce système comprends des recepteurs périphériques, fibre-C afférentes, projections spino-thalamiques, noyaux thalamiques spécifiques, insula antérieur et postérieur tels que le cortex sensoriel limbique, et le cortex cingulaire antérieur (ACC) tel que le cortex moteur limbique. (Vaitl, 1996; Bush et al., 2000; Vuilleumier, 2005; Critchley and Harrison, 2013). Parfois, les définitions de l’intéroception s’étendent au-delà des afférents viscéraux (Sherrington, 1906), pour inclure des afférents provenant d’autres récepteurs corporels profonds, tels que les C-tactile récepteurs somatiques de la peau qui sont associés aux sensations internes de chaleur et plaisir à partir d’un toucher doux (Björnsdotter et al., 2009), en passant par les chemorécepteurs, les entrées proprioceptives, et des sites inattendus ou encore peu connus, tels que des cellules photoréceptrices récemment découvertes dans les yeux (Lucas, 2013).

Les voies anatomiques de l’intéroception sont clairement établies, détaillant les connections entre les récepteurs sensoriels, l’épine dorsale, le tronc cérébral et le cerveau. (Craig, 2002). Les concentrations de neurotransmetteurs dans l’insula et le cortex cingulaire antérieur (ACC) en particulier, ont été associées à l’attention subjective intéroceptive et au sentiment subjectif de bien-être (Ernst et al., 2014; Wiebking et al., 2014). Toutefois, la manière dont sont construites de telles représentations neurales, et les mécanismes par lesquels elles influencent la cognition restent floues. La plupart des recherches se sont étroitement concentrées sur l’attention intéroceptive, qui pourrait n’être qu’un aspect du processus intéroceptif. Des constructions interdépendantes mais distinctes comme les tendances de l’attention intéroceptive, la sensitivité, la cohérence entre la physiologie et l’expérience subjective, la précision, les habitudes régulatrices pourraient toutes émerger comme des propriétés importantes de la propagation d’information et l’intégration à travers les réseaux intéroceptifs. (Encadré 1).

S’ajoutant à cette complexité, de multiples sous-systèmes intéroceptifs opèrent en même temps

et pourraient chacun offrir différentes facultés et tendances. Il y a certaines preuves de facultés intéroceptives générales et multimodales : la perception des battements cardiaques est corrélée à la sensitivité gastrique (Herbert et al., 2012b), et parfois avec la sensitivité à la douleur dans certaines études (Pollatos et al., 2012), mais pas dans d’autres (Werner et al., 2009). En outre, les relations entre les constructions intéroceptives dans des domaines tels que le battement cardiaque, le glucose sanguin, la respiration, la température et d’autres modalités, sont largement inconnues. Ces vides dans la compréhension pourraient être du fait que la plupart des études de l’intéroception évaluent avec précision des modalités isolées, et ne mesurent pas des constructions en relations telles que les habitudes de l’attention, l’aptitude à la régulation, ou la sensibilité aux variations de signal, toutes celles qui convergent à la prise en charge de l’attention intéroceptive.(Ceunen et al., 2013).

La reconnaissance de la nature multimodale et multi-facette de l’intéroception est importante, car l’examen de ses facteurs pris séparément peut conduire à des inférences fausses. Par exemple, la connaissance que les méditants ont une tendance forte à l’intention intéroceptive pourrait amener certains à attendre d’eux qu’ils disposent d’une précision supérieure dans la perception de battements cardiaques, ce qui est une idée contredite par des recherches récentes à ce sujet. (Khalsa et al., 2008; Parkin et al., 2013). Les bénéfices d’une attention intéroceptive dans un domaine particulier comme la respiration ou la vigilance corporelle semble donc indépendante d’une amélioration générale de la précision de l’intéroception. Au lieu de cela, les pratiques méditatives apparaissent favoriser des changements dans des sous-ensembles plus spécifiques de facultés et de tendances, accompagnés de facteurs non-intéroceptifs tels que des changements dans l’intention, ou l’orientation vers des buts spéciaux à chaque domaine de pratique. (Bornemann et al., 2014).

Tout comme la capacité peut varier selon les modalités intéroceptives, les constructions intéroceptives peuvent aussi varier de façon indépendantes à l'intérieur d'une modalité donnée. Par exemple , la sensibilité peut être élevée, sans une précision proportionnelle, ou sans la capacité de régulation, comme avec les incontrôlables « fausses alarmes » intéroceptives souvent observées dans les troubles anxieux.(Paulus and Stein, 2006; Domschke et al., 2010). Pour cette raison , plutôt que de discuter de la primauté de l'une des constructions intéroceptive , la présente discussion utilise le terme  « intéroception » pour décrire des processus généraux de perception d'états corporels , tout en reconnaissant que divers facteurs contextuels  influencent  des capacités intéroceptives spécifiques . Une énorme quantité des recherches sont nécessaires pour commencer à cataloguer les relations entre capacités spécifique et des modalités, sans parler de leur plasticité et de leurs effets sur le bien- être.

Intégrer les perspectives Contemplatives

Si nous pouvions établir un modèle fonctionnel de l'intéroception qui rende compte différentiellement de la manière dont les signaux  intéroceptifs sont représentés et gérés, il est probable que certains sous- systèmes serait plus pertinent pour le bien-être que d'autres. C'est à ce moment que la science contemplative et les paradigmes des processus cognitifs pourraient être extrêmement utile , impliquant des processus intéroceptifs spécifiques, portant sur la façon dont l'intéroception fonctionne de façon optimale, et comment cet fonctionnement est façonnée par l'expérience . En particulier, les comptes rendus issu de la contemplation ont beaucoup à dire sur la distinction entre le conditionnement intéroceptif inadapté qui peut conduire à des troubles , et l'apprentissage adaptatif que les pratiques contemplatives prétendent engendrer.
Ici, nous nous référons à la pratique contemplative dans le sens le plus large, à savoir , les traditions de l'introspection  ou la culture de modes d'expérience spécifique , et nous nous concentrons sur des pratiques qui utilisent explicitement l'attention intéroceptive , y compris les types de méditation et les approches basées sur la pleine attention (mindfullness) qui répartissent l'attention sur les sensations corporelles (par exemple , le souffle ) , ou des  zones spécifiques du corps (par exemple , le centre de l'abdomen ; Kabat- Zinn , 1982) , et le yoga , le taï-chi , et d'autres pratiques psycho-corporelles effectuée dans, ou en-dehors, d'un contexte spirituel explicite.(Baer,  2003). Une série d'autres guérison axées sur le corps et des méthodes de psychothérapie peuvent également tomber dans cette classification, comme la thérapie de dialectique-comportementale, (Linehan et al., 1999), la thérapie d'Acceptation et Engagement (Hayes  et  al.,  1999), et aussi des approches psycho-corporelles telles que les méthodes Feldenkrais (Buchanan and Ulrich, 2001) et Alexander (Woodman and Moore,2012),  le Focusing  (Gendlin,  2012),  la méthode Rosen (Fogel,  2009), Hakomi (Kurtz, 1997), L'Attention Sensorielle (Selver et al., 2007), l'Expérience Somatique  (Payne  et  al.,  2015), la Thérapie par le Souffle (Mehling, 2001), la Respiration Holotropique (Grof and Grof, 2010), et la Mindful  Awareness  in Body-oriented  Therapy  (MABT;Price,  2005). Nous discutons principalement des pratiques issues de traditions contemplatives asiatiques , car celles-ci ont été l'objet de nombreuses recherches et fait l'objet des plus gros efforts pour traduire des concepts contemplatifs en termes scientifiques modernes . Cela ne vise pas à exclure les autres traditions contemplatives , et nous espérons que des recherches futures seront étendues à d'autres régions.
Les pratiques contemplatives classiques telles que la pleine attention et l'équanimité semblent évoquer ce qui résulte de la façon dont les signaux  intéroceptifs sont intégrés dans une représentation complexe de soi et du reste du monde , et elles ont des modèles expliquant leur influence sur la santé et le bien-être. Il y a, cependant , plusieurs  défis remarquables  à la réalisation du potentiel bénéfique de ces traditions dans la société moderne. Le premier est le manque d'équivalence entre les pratiques contemplative traditionnelles et les pratiques modernes laïques : bien que la pleine attention (mindfullness) a une forte présence dans les thérapies cliniques et les sciences laïques , il est contesté que cette traduction est fidèle à ses sources classiques (Christopher   et  al.,  2009;  Grossman,2011), et peu d'attention a été accordée à la diversité des interprétations de la pleine attention au sein de la tradition bouddhiste elle-même. (Williams  and  Kabat-Zinn,  2011), qui peuvent présenter des modèles concurrents pour la représentation et la fonction intéroceptive .
Deuxièmement, alors que la science clinique et les traditions contemplatives  partagent l'objectif commun de réduire la souffrance humaine, ils diffèrent en portée. Dans les contextes laïques modernes , les objectifs pratiques sont pragmatiques, visant la réduction des symptômes affectifs et l'amélioration des fonctions de la vie courante. En revanche, les traditions classiques ont tendance à orienter vers des changements plus vaste, cherchant à générer un aperçu de la nature fondamentale de la réalité, avec l'intention de libérer individus de leurs états conditionnés.  (Grossman   and   Van Dam,   2011). On ne sait si les formes actuellement manifestées des pratiques contemplatives classique  sont suffisante pour développer leur bénéfices glorifiés dans l'histoire . Compte tenu des nouvelles preuves de l'efficacité des pratiques contemplatives dans des contextes laïques , il y a lieu d'être optimiste pour qu'au moins une partie des bénéfices aient été transmis avec succès. (Farb, 2014). Cependant, notre compréhension de ces véritables mécanismes d'action de pratiques est en retard sur la validation scientifique de leur efficacité. Il pourrait y avoir des systèmes fondamentaux des théories contemplatives classiques qui devraient encore être mis en pratique dans la démarche scientifique, étant seulement étudiés empiriquement.
Malgré la grande hétérogénéité entre les traditions contemplatives , nous pouvons commencer par choisir un concept commun qui pourrait contribuer à la recherche scientifique : celui de « corps subtil ». Les  pratiques contemplatives tels que la pleine attention sont traditionnellement ancrée dans les traditions, les épistémologies et les traités médicaux qui s'articulent de manière holistique plutôt que dans des modèles dualistes du corps et de l'esprit. (Mehling et al., 2011).  De telles sources traditionnelles ont chacunes leurs propres théories distinctes du complexe psycho-physique et évoquent les concepts de structures du corps subtils et les «flux» circulant à travers ces structures  (Samuel,  2008;  Klein,  2013). Ces structures et « flux » sont supposés influer et être
influencés par l'esprit , les émotions , la posture et la condition du corps « grossier »(physique) . Leur présence est indiquée par l'attention à un riche éventail de sensations intra-corporelles et un
longue histoire phénoménologique de processus sensoriels qui relient les événements qui se produisent dans le monde extérieur à l'expérience au sein d'un individu. L'étude de ces sensations somatiques , leurs sources , et leur modulation a été un élément important de la médecine Tibetaine / Chinoise / et Indienne , représentée par des cartes anatomiques des canaux, méridiens, et centres énergétiques (chakras en Sanskrit) à travers lesquels circule l' « énergie subtile » connue respectivement comme lung / Qi / Prana. (Loizzo  et  al.,  2009;  Klein,  2014). Tous les événements mentaux, - en fait, tous les états de consciences -  sont dit surfer sur le « Cheval de vent » ou les courants « énergétiques» . Il est actuellement difficile de savoir comment ces conceptualisations cadrent sur les approches scientifiques de l'intéroception . Cependant , ces concepts suggèrent que l'attention à l'expérience incarnée est significative pour l'auto-représentation et le bien-être , et soutient donc l'hypothèse plus générale que la sur-dépendance à l'égard de l'attention « de haut en bas » , ou simplement l'attention conceptuelle ( contrairement à l'attention sensorielle )  limites de significativement le potentiel d'un être humain pour relier à soi, aux autres , et au monde.





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Encadré 1

Une taxonomie des termes intéroceptifs.

L’intéroception a été généralement interprétée comme la représentation de notre propre corps à un instant donné. (Craig, 2002). Mais le résultat diffère selon la manière dont est mesurée la faculté d’intéroception. Tout comme le propose un modèle récent (Garfinkel and Critchley, 2013), nous suggérons plusieurs critères pour compléter les mesures de l’intéroception :

l’Attention intéroceptive, tels que la sensation des battements cardiaques, est la mesure la plus courante de l’intéroception, et est souvent mise en place pour rapporter les signaux intéroceptifs. Toutefois, l’attention est un critère limitant, car les processus intéroceptifs peuvent opérer implicitement, tels que la thermorégulation qui peut provoquer des frissons même lorsque nous dormons. (Craig, 2003).

La Cohérence entre les états physiologiques et les états subjectifs mesure le degré auquel un signal intéroceptif objectif observable manifeste une expérience rapportée. Par exemple l’hypoglycémie (faibe taux de sucre sanguin) se caractérise à la fois par des signaux intéroceptifs (Herbert et al., 2012a) et l’irritabilité (Matthew et al., 1997). Toutefois, l’attention consciente de l’hypoglycémie n’est pas nécessaire pour qu’apparaisse l’irritabilité. (Taylor and Rachman, 1988; Matthew et al., 1997). La cohérence semble largement varier selon les individus, même lorsque l’ensemble physiologie/sujet est impacté par des éléments stressant de l’extérieur (Sze et al., 2010).

La Tendance de l’attention concerne si une personne s’attend habituellement à des signaux intéroceptifs particuliers, en ignorant ou inhibant potentiellement d’autres. (Pollatos et al., 2005). Cela se dit aussi si une personne se tourne plutôt vers des sources d’informations intéroceptives que des sources extérieures.

La Sensitivité se rapporte au seuil minimum de détection d’un changement dans le signal intéroceptif. (Holzl et al., 1996) La sensitivité pourrait opérer à de multiples niveaux dans le système de représentation, culminant dans l’accès à l’attention consciente. Bien que peu utilisé dans les recherches intéroceptives, la spécificité est la contrepartie courante de la sensitivité dans la théorie de détection de signal (Abdi, 2007), la capacité de rejeter des signaux concurrents pour être développé comme signal intéroceptif afférent.

La Précision est peut-être la mesure la plus couramment étudiée de l’intéroception , et se réfère à la capacité de distinguer de manière fiable des signaux intéroceptifs du bruit ou de signaux contradictoires (Vaitl, 1996)et entre les différents niveaux d’intensité du signal (Daubenmier et al., 2013). Il semble que la précision varie considérablement entre les individus,(Critchley et al., 2004; Ceunen et al., 2013), Mais peut s’améliorer par un entraînement de la concentration.(Brener, 1977; Daubenmier et al., 2013; Mirams et al., 2013).La précision est habituellement considérée comme une fonction de la sensibilité et de la spécificité .

La Sensibilité se réfère au compte rendu personnel d’un individu de la façon dont il éprouve des sensations internes, y compris une estimation de la confiance dans sa propre capacité intéroceptive et de son sentiment d’engagement dans l’intéroception(Garfinkel et al., 2015). La sensibilité est souvent évaluée à l’aide d’entrevue ou de questionnaire, souvent le questionnaire Porges Body Perception Questionnaire (Porges, 1993). L’utilité de cet instrument pour l’intéroception , cependant, a été remise en question car il semble principalement servir de mesure indirecte pour des symptômes liés à l’anxiété. Le Scale of Body Connection (Price and Thompson, 2007) et le Multidimensional Assessment of intéroceptive Awareness (MAIA; Mehling et al., 2012) ont été créés en partie pour aider à étendre l’évaluation intéroceptive .

La Régulation se réfère à la façon dont une personne peut faire correspondre un signal intéroceptif à son état désiré . La régulation peut impliquer la mise en forme du signal, ou du désir. Par exemple, la régulation pourrait façonner les signaux intéroceptifs pour atteindre les objectifs par le biais de la réévaluation , la suppression ou de la distraction , des techniques souvent cités dans les moderne scientifiques de régulation des émotions (Gross, 2002). Toutefois, la régulation pourrait également suivre des traditions contemplatives , en acceptant intentionnellement et examinant de tels signaux avec curiosité , une stratégie qui encourage les transformations dans l’expérience intéroceptive sans chercher à contrôler les signaux intéroceptifs inattendus ni à en créer des souhaitables .

La mesure simultanée de ces constructions peut informer un modèle plus complet de l'intéroception , sa relation avec le bien-être , et les effets de l'entraînement contemplatif.

Des mesures simultanées de ces concepts peuvent permettre d’établir un modèle plus complet de l’intéroception, de sa relation avec le bien être, et des effets des pratiques contemplatives.

Il est important de noter que ces concepts ont changé de définition à travers la littérature. La Sensitivité et la précision sont combinés dans la précision intéroceptive dans un modèle récent (Garfinkel et al., 2015), mesurée par la performance sur des tests comportementaux objectifs tels que la tâche de détection du rythme cardiaque, et qui se distinguent clairement de l’attention intéroceptive et de la sensibilité intéroceptive. Dans le modèle Garfinkel et al. (2015, p. 65) , l’attention intéroceptive a été mise en application comme « attention métacognitive de la précision intéroceptive, c’est à dire de la correspondance confiance/précision » Cependant, le terme d’attention méta cognitive est aussi un terme couramment utilisé dans la pratique contemplative, désignant la possibilité de prendre conscience de l’attention elle-même et du processus de la pensée comme un objet d’attention, et a été définie ailleurs comme la capacité de réfléchir ou d’être conscient des états mentaux. (Smallwood and Schooler, 2006; Epel et al., 2009). Ou encore là, elle a été définie comme la capacité d’éprouver des pensées et des sentiments négatifs comme des événements mentaux qui traversent l’esprit, plutôt que comme une partie de soi (Herbert et Forman,2011). Nous éviterons donc d’utiliser le terme «attention métacognitive» pour signifier la la correspondance confiance/précision, préférant le terme de cohérence à la place.

Ainsi, les termes énumérés ci-dessus représentent une tentative d'apporter une taxonomie commune à notre discussion, mais ne devraient pas être lus comme universellement définitive dans ce  champ de recherche qui se développe.
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Les défis de l'Intégration

Les traditions classiques asiatiques ont une riche histoire dans leur description de
l’intégration des signaux intéroceptifs variés dans une représentation unique, phénomène souvent désigné sous le nom de « corps subtil ».(Samuel, 2008; Klein, 2013). La subtilité de ce corps a à voir avec son fonctionnement en général en dehors de l’horizon de la conscience ordinaire. Cependant, comme on l’a vu, en tant que «cheval» ou soutien de la conscience, son influence est importante sur la perception. Nous suggérons que le discours scientifique commence juste à poser à cette question de la représentation intégrée, ouvrant des nouveaux moyens de compréhension pour pour différentier la pleine santé des états d’intégration inadaptés. Et pourtant, il y a quelques comptes rendus empiriques d’une telle intégration, et donc le potentiel pour mettre en application les concepts fondamentaux de ces traditions et pratiques, sont largement méconnus. Par exemple, de nombreuses traditions contemplatives, et de nombreux praticiens, parlent des changements dans les « flux de l’énergie » qui entraînent des sentiments de légèreté ou de chaleur, mais il est très peu connu si les méthodes moderne de recherche psychophysiologiques peuvent détecter de tels changements. (Loizzo et al., 2009; Kozhevnikov et al., 2013). L’excitation physiologique elle-même est intrinsèquement ambiguë et très limitées dans son évaluation cognitive. (Blascovich and Tomaka, 1996),et les théories traitant de la façon dont les évaluations intéroceptive se traduisent dans des expériences émotionnelles distinctes sont au mieux, tout à fait inexactes. (Wilson-Mendenhall et al., 2013). Compte tenu de cette incertitude , nous pourrions commencer par la recherche des changements liés aux entraînements spécifiques, décrits dans les théories contemplatives classiques d’intégration intéroceptive. Ces descriptions offrent un ensemble riche d’ hypothèses vérifiables pour combler ce fossé explicatif, entre la physiologie et l’expérience. L’inclusion d’expériences en première personne, en particulier de personnes ayant un entraînement avancé dans la conduite et les compte rendus sur l’attention intéroceptive, peut être une étape importante dans le développement des modèles plus complets de l’intéroception. (Gallagher, 1997; Lutz and Thompson, 2003).

A titre d'exemple d'un tel test d'hypothèse, nous pourrions envisager une description classique des premières étapes dans l'entraînement de la pleine attention.
Les textes bouddhistes classiques , tels que le chemin de Purification écrit au Ve siècle, décrit l'objectif principal du début de l'entraînement à la pleine attention qui est de développer une attention stabilisée sur la sensation instantanée, qui est distincte de l'attention sur la pensée conceptuelle. (Buddhaghosa,  2010). L'investigation scientifiques récente suggère que la conceptualisation d'une expérience (qui peut inclure une description détaillée et une analyse des événements, qui sont associées à l'expérience et façonnées par notre culture),  et le sentiment actuel , (l'expérience immédiate elle-même, qui peut survenir spontanément dans le corps) , activent des réseaux neuronaux distincts , et que la force de cette distinction est en effet sensible à l’entraînement de la pleine attention (mindfullness). (Farb et al., 2007). De cette façon , les traditions contemplatives fournissent une base de discrimination qui est mûre pour la traduction  en termes neuroscientifiques objectifs. La représentation du soi instantané, sensoriel, est pertinente pour les pratiques de la compassion et de perspicacité, ainsi que les pratiques classiques de pleine attention qui les sous-tendent.
Apprendre à être présent aux sensation instantanées et viscérales, est seulement l'une des nombreuses étapes dans le chemin du bien-être, de la même manière que la distinction neurale des processus de l'intéroception immédiate et ceux du traitement conceptuel, est seulement une première étape dans le développement d'un modèle scientifique. Comme on le verra , l'accès à des sensations viscérales peut être utile ou nuisible à une personne, selon la façon dont est comprise cette attention. Dans de bonnes conditions , les pratiques contemplatives peuvent avoir un effet thérapeutique sur la santé et le bien -être(Farb  et al., 2012a),  comme cela a été démontré dans la recherche en psychothérapie expériencielle depuis un certain temps (pour un résumé, voir Hendricks, 2001). D'autre part, les signaux intéroceptifs peuvent également être catastrophiques dans la panique et les troubles évoqués. Comprendre comment se comporter habilement envers les sensations intéroceptives , et dans quelles circonstances ils devraient être observés, est donc une question centrale pour l'étude de la formation intéroceptive pour le bien-être . La progression à partir d'une description générale du processus intéroceptif vers la caractérisation sanitaire d'un tel processus nécessite une plus grand niveau de complexité théorique, dont nous allons tenter de formuler les débuts.

La régulation à travers la Simulation

Un modèle scientifique de l'intéroception nécessite une description de la manière dont des signaux sensoriels diffus s’intègrent dans une  représentation holistique du corps , qui se prête à une intégration à une cognition d'ordre supérieur. Le concept de carte de simulation fournit une manière de caractériser une telle intégration. Analogue au corps subtil de la tradition contemplative, la carte de simulation est également connu comme une représentation du « comme-si " , une représentation neurale du corps , une abstraction relativement stable d'événements sensoriels fluctuants rapidement. (Damasio,  2003a; Seth  and  Critchley,  2013).
D'un point de vue informationnel, la carte de simulation est la sélection en cours des états corporels encodés dans une mémoire-tampon qui sert comme étant la meilleure approximation de l'état actuel de corps selon la prédiction à partir des états antérieurs . La carte de simulation est en couches, avec les couches les plus basses plus proche des premiers afférents sensoriels de l'organisme , et les couches supérieures représentant l'agrégation des informations sur ces couches inférieures en représentations qui peuvent être accessibles à la conscience.
En tant que telle, la carte de simulation alimente les aires cérébrales exécutives avec des représentations sensorielles relativement stables, à partir desquelles est interprétée l'expérience et sont coordonnées les réponses . Le concept d'une carte de simulation  fournit une trame riche sur laquelle on observe les nuances et la variabilité dans la représentation cognitive des  signaux intéroceptifs, et suggère en outre comment ces représentations peuvent être modifiées , à la fois par le déploiement volontaire de l'attention , et à travers les processus relativement involontaires de conditionnement de l'attention durant toute la vie, tels que la dégradation sensorielle dans le vieillissement (Baltes and Lindenberger, 1997).
Il est important de souligner que la carte de simulation n'est pas identique à la sensation actuelle , mais est plutôt une abstraction à partir de l'expérience sensorielle récente. La sensation actuelle se réfère à l'ensemble actuel des données sensorielles entrant dans les régions du cerveau des représentation intéroceptives primaires , incluant les noyaus du Nucleus Tractatus Solitarus (N.T.S), le thalamus , l'insula postérieure , et le cortexsomatosensoriel. (Craig, 2002; Critchley and Harrison, 2013). D'autre part la carte de simulation est une représentation filtrée et intégrée à ces afférents sensoriels- c'est , en effet , un signal interprété. Lorsque l'on considère la régulation de la motivation , une question centrale est le degré auquel des sensations inattendues sont considérés comme acceptables, par opposition aux problématiques, ou perverses pour les prévisions de l'état corporel.
Comme beaucoup de représentations neurales , les contenus des cartes de simulation pourraient ne pas être entièrement accessible à la conscience . Parmi les nombreuses couches de simulation , seul un sous-ensemble sera accessible à l'expérience consciente . Ainsi, la conscience, la carte phénoménale,  peut ne pas être la même que la plus large carte de simulation , bien que nous considérons la carte de simulation nécessaire pour l'expérience corporelle phénoménale. En outre, il y a des grandes variations inter-individuelles parmi les cartes phénoménales, en fonction des objectifs , de la culture , de l'expérience personnelle , et, éventuellement, de la génétique et d'autres facteurs. (Ferron,  1997; Altabe, 1998; Ma-Kellams et  al.,  2012;  Maister  and  Tsakiris,  2014). Ces facteurs peuvent se combiner pour limiter la manière dont la carte de simulation est consciemment accessible, et une mémoire d'accès biaisé aux cartes de simulation peut remplacer momentanément l'effort introspectif. Étant donné que la carte de simulation ne peut être que partiellement accessible à l'introspection consciente , il peut être impossible de compter entièrement sur les rapports subjectifs pour jauger les différences individuelle ou culturelle dans la composition des cartes de simulation. Cependant , la carte de simulation peut être examinée au niveau de la représentation neurale , servant de substrat pour le sentiment d'incorporation d'une personne dans le monde. Par l'observation de la carte de simulation , la source viscérale  de notre sentiment de présence, et nos motivations vers l'action peuvent être compris.

Les techniques en neurosciences ont permis d' aller au-delà des rapports subjectifs dans la modélisation des cartes de simulation intéroceptives. Par le suivi des changements dans les signaux intéroceptifs et des expériences corporelles subjectives pendant les enregistrements de l'activité cérébrale , les chercheurs ont commencé à créer des modèles riches qui distinguent les signaux sensoriels les ascendants « down-top » sensitifs et les prédictions de haut en bas « top-down ». Par exemple, la recherche en neuro-imagerie montre que l'attention corporelle augmente l'activité aux niveaux correspondants de la moelle épinière.(Nejad, 2014), ce qui suggère que l'attention intéroceptive peut fonctionner même sur des zones relativement distales du système nerveux central. Dans le cerveau, il apparaît que l'insula médian intègre les informations afférentes intéroceptives avec le contexte extéroceptif dans l'espace plus large des motivations , mais les individus diffèrent dans le degré auquel ces informations se propagent au cortex préfrontal , et sans doute à l'attention sensible, en fonction de la pratique intéroceptive.  (Singer  et  al.,  2009;  Farb et al., 2012b).En plus de la neuro-imagerie , il convient de noter que de nombreux autres indicateurs psychophysiologiques des processus intéroceptifs sont prometteurs, comme révélateurs du processus intéroceptif en l'absence de rapport subjectif des participants, tels que les battements cardiaques évoqués  (Leopold  and  Schandry,  2001), les potentiels respiratoires associés  (Von Leupoldt et al., 2010), la modulation cardiaque de la surprise (Schulz et al., 2009), ou la covariance EEG-ECG à un seul essai [EEG-ECG single trial covariation] (Mueller et al., 2013).  Par exemple Von Leupoldt et al. (2010) a démontré que l'occlusion des voies respiratoires produit un potentiel respiratoire-associé évoqué fiable mesurable par EEG , qui sert comme un indice de suivi cortical des signaux intéroceptifs. Mueller et al. (2013) a indexé les processus intéroceptifs avec le degré  auquel les EEG répondent en rétroagissant aux accélération cardiaque ultérieures prévues. 
Bien qu'il ne soit pas dans notre intention de décrire toutes ces techniques en profondeur, ces méthodes peuvent fournir des indices objectifs de l'impact des signaux intéroceptifs sur différents niveaux de représentation neuronale , comme le tronc cérébral ou le cortex.

Peut-être que l'application la plus importante de la carte de simulation est d'expliquer comment les sentiment viscéraux entraînent l'action. Ce système explicatif est nécessaire à la fois dans le compte rendu scientifiques et  contemplatif de la santé corporelle : tout comme la carte  de simulation , les traditions contemplatives postulent l'existence d'un corps subtil , incluant divers éléments subtils et quasi-physiques qui intègrent et organisent les sentiments viscéraux pour développer le sentiment de bien -être.  (Samuel,  2008). A la fois à travers la sciences et les traditions contemplatives , la motivation manifeste est rapportée aux cartes de simulation ou aux corps subtils sous la forme de valence émotionnelle , avec valence négative ou aversion signalant la nécessité de revenir dans des rayons homéostatiques plus adaptés. Le processus motivé d'atteindre l'homéostasie , à travers des changements physiologiques ou comportementaux , a été surnommé allostasie. (Sterling and Eyer, 1988) 

Chez les mammifères , l'allostasie comprends de nombreuses fonctions intégrées et comprend des mécanismes autonomes, neuroendocrine , et comportementaux.  Une grande partie de l'allostasie se produit  par la régulation physiologique autonome  - il se produit en interne et automatiquement. Par exemple , nous ne choisissons ni sentons directement la dilatation des vaisseaux sanguins ou des pupilles en réponse aux changements de luminance ou de pertinence émotionnelle , et pourtant ces réactions physiologiques se produisent en continu en vue du résultat homéostatique. Une compréhension complète de l'intéroception nécessite sans doute la modélisation de ces réflexes allostatique, surtout lorsque leur dérégulation agit comme une source de souffrance. Les théories des pratique contemplatives débutantes ne mentionnent pas l'accessibilité ultime à ces réponses [par la conscience]; bien que l'expérience directe de la réponse viscérale au stress et de ses conditions de déclenchement, soient essentiels pour les niveaux de connaissance qui favoriseront la libération des motivations, entraînées par des attentes conditionnées (Goleman, 2008; Hart, 2011). À un certain point , les théories des cartes de simulation doivent rendre compte de la façon dont même des représentations subtiles peuvent conduire à des idées conscientes favorisant le changement de comportement.

La relation de la carte « Asiatique » de simulation ( en particulier indienne et tibétaine ) cartographiant les «circuits de l'énergie » dans le corps comporte une étude plus approfondie . A ce stade , nous notons que , comme le contenu de la carte de simulation , de nombreux « fux d'énergie » dans le corps ne sont pas disponibles à la conscience . Cependant , ces « flux d'énergie » sont toujours , dans les théories traditionnelles , intimement associée à la conscience.  Ces « flux » sont susceptibles d'être amenés à la conscience par l'entraînement. Comme dans le cas des cartes de simulation , ces «énergies» semblent constitutives du sentiment d'incorporation d'une personne, son orientation émotionnelle , son aptitude , ses but, et son sens de l'estime de soi . A la différence du modèle de simulation , peut-être , l'interaction esprit-énergie est moins dualiste que la dyade viscérale-cognitive qui semble à ce jour au centre de la caractérisation de la carte de simulation.
Laissant de côté la question de comment des afférents intéroceptifs très subtils peuvent être façonnés pour donner un aperçu conscient, les signaux intéroceptifs  motivent une foule de comportements manifestes et peu subtils pour répondre à la nécessité allostatique . Les dynamiques intéroceptives sont essentielles pour comprendre pourquoi des stimuli identiques peuvent provoquer  des comportements divergents. Par exemple , une personne se rapprochera d'une source de chaleur dans un environnement froid, mais l'évitera lorsque la température ambiante est élevée. Inversement , un cube de glace tenu en main peut être agréable lors d'une chaude journée d'été , mais douloureux en hiver. La signification [perceptive] d'un le cube de glace ne peut pas être modélisée en se basant sur la perception sensorielle du cube de glace tout seul, mais plutôt la fraîcheur de la glace est
située dans un milieu intéroceptif plus large, celui qui récompense ou punit la sensation de froid en réponse à l'impératif de thermorégulation. En outre, les indices allostatique peuvent informer la cognition et le comportement à des niveaux plus élevés de représentation- notre confiance dans les autres est exagérée par des sensations chaudes et atténués par les sensations froides (Kang et al., 2011).
Si la valeur d' un cube de glace est profondément influencée par la nécessité allostatique, un modèle complet de l'intéroception devrait décrire les modalités d'arrivée de cette influence. Tout en reconnaissant que de nombreuses perturbations physiologiques sont traitées inconsciemment,
grâce à un contrôle autonome du milieu interne , les actes conscients de régulation semblent structurés de manière à résoudre les interactions entre l'organisme et son environnement extérieur.  (Gu et Fitzgerald, 2014) De cette manière , les signaux intéroceptifs motivent les comportements manifestes qui rétroagissent sur notre physiologie. Il est également important de noter que tous les comportements motivés ne sont pas allostatique : les buts hédonistes et pragmatiques ont aussi un grand rôle à jouer , comme la recherche de sensations pour distraire ou réguler la déprime  (Taylor and Hamilton, 1997), ou l'auto-cafféination pour faire face à la fatigue  (Lorist  et  Tops, 2003). Ainsi, alors que les exigences d'homéostasie offrent un moyen heuristique pratique pour prédire la motivation de régulation , nous devons considérer que beaucoup de nos conduites dominantes sacrifient les équilibres dans le corps pour atteindre d'autres objectifs : aller sur les montagnes russes , regarder  des films d'horreur , consommer des aliments très épicés ou sucrés, tout cela entre dans cette catégorie , dans laquelle les extrêmes de l'excitation sont intentionnellement provoqués  et appréciés. La régulation intéroceptive comprend donc plus de des objectifs allostatiques, certaines action visant à remodeler les signaux sensoriels qui constituent la carte de simulation intéroceptive. Plutôt que de baser la motivation sur l'homéostasie , elle peut être représentée de façon plus souple, par la façon dont les sensations sont étroitement en correspondance avec des états souhaités ou prédits.

Le modèle de codage prédictif de l'intéroception

Tout en reconnaissant la complexité du traitement intéroceptif , le modèle de "codage prédictif" de l’intéroception a récemment été introduit.(Seth et al.,2011;  Limanowski  and  Blankenburg,  2013;  Seth,  2013;  Apps and Tsakiris, 2014). Ce modèle avance une finalité cruciale à l'intéroception, en ce que les processus intéroceptifs impliquent régulièrement une comparaison entre la sensation immédiate et des simulations du passé et du futur. La comparaison entre les états observés, et attendus ou désirés pourrait alors motiver le comportement pour résoudre les contradictions.  (Paulus and  Stein, 2010; Seth,  2013). Du point de vue de l'évolution , l'attention des processus intéroceptifs pourrait entraîner un comportement adaptatif (Damasio and Carvalho, 2013), et les pratiques contemplatives de concentration sur le corps pourraient soutenir une telle attention (Mehling et al., 2011; Price et al., 2012b). Nous allons faire valoir que le modèle de codage prédictif contribue à mettre en œuvre la plupart des prévisions à propos de rôle de l'intéroception dans la pratique contemplative , en particulier en donnant un cadre au déconditionnement des habitudes de régulation inadaptées.
L'idée que la carte de simulation peut représenter des états distincts de son milieu intéroceptif actuel suggère que les comparaisons sont continuellement faites dans une couche donnée de la carte, entre la sensation actuelle du corps, et le corps tel qu'il devrait être en se basant sur l'expérience passée ( les aprioris) . La simulation est construite à travers l'examen à la fois de la sensation immédiate et des aprioris qui contextualisent les sensations. Chaque couche de la carte de simulation a son propre ensemble d'aprioris, basés sur l'expérience de cette couche avec les entrées sensorielle passées et les ajustements à ces aprioris influencés par des signaux d'attentes descendants. Lorsqu'un apriori diverge des sensations entrantes, il peut mettre à jour la simulation de cette couche , créant une probabilité ultérieure [de situation attendue] qui sert en tant qu'entrée descendante destinée à des couches inférieures de la carte de simulation. Par exemple , une personne peut sortir dehors et être surprise par un temps chaud inattendu. Une telle surprise peut commencer au niveau des couches inférieures de la carte de simulation , entraînant une réponse en grande partie inconsciente et automatique, ciblant la physiologie, telle que la dilatation des vaisseaux sanguins en réponse à une élévation de température. Si des réponses rapide de régulation automatique ne parviennent pas à atténuer l'erreur de prédiction (EP) , un apriori est mis à jour , formant une probabilité ultérieure qui met à jour une couche sensorielle inférieure dans la hiérarchie de la carte pour « attendre » des températures plus chaudes . Il est probable que la mise à jour des aprioris aux niveaux inférieurs de la carte est donc elle-même involontaire et automatique, et non soumise à la délibération consciente ou l'intentionnalité . D'autre part, à des niveaux plus élevés de la carte de la simulation , la délibération consciente peut choisir parmi plusieurs alternatives de régulation pour minimiser l'erreur de prédiction . Dans l'exemple de la chaleur, on peut choisir de chercher un abri de la chaleur , ou d'évaluer la chaleur comme bienvenue, et tenter de profiter de l'air chaud. Le choix soit de réguler la sensation pour correspondre aux aprioris (inférence active), soit de permettre à l'apriori d'être mis à jour (inférence perceptive) , est une différence de régulation importante qui sera discutée longuement ci-dessous. Pour l'instant, le point crucial est que la capacité des sensations pour motiver les réponses régulatrices est entraîné par l'amplitude de l'EP (erreur de prédiction), la déviation à partir des aprioris dans une
couche donnée de simulation. L'implication de cognition d'ordre supérieur  dans ce processus de résolution est déterminée par la distance (« hauteur ») parcourue par un signal d'erreur à travers les couches de la carte de simulation avant qu'elle ne soit résolue. Les contradictions les plus importantes étant plus susceptibles de se frayer un chemin à travers les couches pour atteindre la conscience.
La comparaison entre les états ressentis et attendus, rappelant la théorie d'auto-contradiction de Higgins  (Higgins, 1987), sert deux fonctions majeures (1) nous orienter vers les modifications physiologiques surprenantes qui requièrent une attention immédiate, et (2) permettre la comparaison entre l'état présent et potentiels futurs comme signal de l'action. Face à une inadéquation entre des états détectés et attendus , l'inférence active favorise des réponses destinées à façonner le milieu intéroceptif pour le faire correspondre aux états prévus. Par exemple , étant donné un mal de tête inattendu , on peut ressentir une envie de prendre un analgésique, afin de restaurer son état sans douleur habituel et désiré. Pas toute les inférence active ne nécessitent l'intervention comportementale manifeste , ou même la prise de conscience d'un EP : certaines formes d'inférence actives sont physiologique , dans lequel le système nerveux autonome régule physiologiquement, largement automatiquement et inconsciemment pour ramener le corps à son état attendu.  (Gu and Fitzgerald, 2014). D'autre part, lorsqu'ils sont exposés à des facteurs de stress qui dépassent sa capacité autonome régulatrice, les EP en cascade peuvent atteindre des niveaux de la carte de simulation qui sont accessibles à la conscience . Une telle prise de conscience pousse à l'inférence active manifeste , par laquelle on interagit avec l'environnement  pour approcher un état attendu. (Seth, 2013).  De façon cruciale pour notre définition , à la fois les inférences actives implicites physiologiques et manifestes conscientes, recherchent une réduction des erreurs de prédiction (EP) en changeant des sensation pour s'approcher des attentes antérieures plutôt que de mettre à jour les aprioris.
Cependant , l'inférence active n'est pas la seule façon de réduire la disparité entre les états actuels et désirés . On peut également réguler son état attendu pour correspondre au milieu interne . Le processus de mettre à jour la carte de simulation pour refléter plus précisément la sensation immédiate est connu comme l'inférence perceptive. ( Seth, 2013). Les objectifs et les attitudes d'une personne à l'égard des sensations intéroceptive pourraient puissamment influencer la forme d' inférence produite (Encadré 2)

Encadré 2
Comment les motivations modèlent nos inférences intéroceptives

Etant donné le pouvoir des signaux intéroceptifs pour alternativement capter l’attention et provoquer des comportements régulateurs, réaliser un équilibre optimal entre l’inférence active et perceptive semble fondamental pour la réussite de l’autorégulation. La tension entre l’interrogation de la perception et la formulation de réponses a été dicutée dans les modèles récents des processus de l’intéroception (Hankin, 2012; Paulus et al., 2012; Seth, 2013) et nous le détaillons ici pour discuter le rôle des pratiques contemplatives en discutant le processus d’inference perceptive relativement peu défini. Au niveau de la perception, l’intéroception requiert une représentation mentale des états corporels tout autant que tactile ou liée à d’autres informations sensorielles, dans les cartes de simulation. CElles cis sont contra intes à la fois par les entrées sensorielles de bas en haut, et par les attentes de haut en bas basées sur le savoir emmagasiné des états intéroceptifs précédents et la connaissance de son propre contexte. Ni les afférents sensoriels, ni les représentations apriori ne sont nécessairement accessibles à l’attention consciente, bien que des couches particulières des cartes de simulation puissent devenir des sujets de l’attention. La motivation à l’intérieur du modèle est générée comme une réponse aux divergences entre les signaux intéroceptifs simulés et entrants, se référant aussi aux erreurs de prédictions ou aux signaux de « surprise » (fig.1A). Les signaux sensoriels entrants sont en constraste à l’encontre de l’information apriori à un niveau donné de la couche de simulation. Les divergences entre la sensation et l’apriori remontent à travers les couches de simulation et déclenchent généralement des actes de régulation pour maintenir l’état homéostatique. Finalement, les erreurs de prédictions sont résolues en attribuant des causes aux signaux inattendus, résultant dans la création d’une probabilité ultérieure qui redescend en cascade dans les couches de simulations pour mettre à jour des aprioris et réduire les erreurs de prédiction. La probabilité ultérieure détermine la signification du signal et par conséquent la nature de la réponse régulative.

La sensitivité intéroceptive aux signaux afférents inattendus décrit avec quelle facilité une erreur de prédiction se propage vers le haut à travers les couches de simulation, servant de base pour la motivation dans une représentation intéroceptive dynamique. Toutefois, la sensitivité prise seule ne dit rien sur les disparités de combien une personne répond au signal de divergence motivateur. Des facteurs cognitifs de haut en bas, sous forme de buts, évaluations causales, et indices contextuels aident à modeler la réponse motivée. La tension entre l’inférence active et perceptive est est souvent résolue par comment quelqu’un répond au désaccord surprise entre la simulation et la sensation. Si les objectifs en cours laissent quelqu’un valoriser la régulation sur l’acuité du signal intéroceptif,les aprioris d’une couche basse vont être mis à jour avec une cause explicative inférrée (probabilité postérieure) à partir de la couche divergente ce qui indique à l’inférence active manifeste de régler cette cause. Dans cette situation, la surprise est minimisée par une pondération réduite de l’inforamtion sensorielle divergente en faveur d’une action pour rétablir l’état attendu au préalable (fig.1B). Dans l’inférence active, la simulation est alignée à proximité de l’apriori, et l’individu tente de modeler la sensation entrante pour correspondre à l’apriori, et ainsi réduire l’erreur de prédiction. A l’inverse, si une personne valorise l’acuité sur la régulation, il ou elle va mettre une pondération forte sur la sensation plutôt que sur l’information apriori (fig.1C). Dans l’inférence perceptive, la mise à jour de la simulation sort de l’apriori et s’aligne avec les sensations entrantes, la probabilité ultérieure met à jour l’apriori plutôt que d’inciter un effort pour changer l’entrée sensorielle, et ainsi réduit l’erreur de prédiction. Dans chaque situation, la divergence est réduite ; le concept de pondération de la précision sensorielle permet au modèle de présager comment se produit une telle réduction. Il n’est pas connu comment les différentes formes d’inférence vont affecter la disribution des aprioris en calculant les erreurs de prédiction. Si l’inférence perceptive permet une plus grande mise à jour d’apriori, alle va alors aussi favoriser une plus grande variation d’apriori que l’inférence active, laquelle tente de contraindre la simulation à s’ajuster à un groupe d’aprioris existants. Pour l’inférence perceptive, la distibution de l’information sensorielle est rendue plus précise à la place des aprioris. Ces distributions sensorielles précises vont avoir une plus grande influence sur les probabilités ultérieures à des niveaux plus élevés, qui viendront alors à leur retour dans la simulation, la rendront plus précise tout en étant indifférente à leurs (ses) effets sur la distribution apriori. Si le corps manifeste de plus grandes variations dans les sensations que dans l’expérience apriori, alors les aprioris deviendront moins précis ; si, toutefois, il arrive que le corps affiche des entrées sensorielles qui sont plus consistantes que l’expérience apriori, on devrait alors s’attendre à voir des apriori plus précis à la suite de la mise à jour. C’est notre hypothèse encore non testée, que pour loa plupart des personnes, il y a une plus grande variation dans le corps que ce qui est attendu, et ainsi l’effet de la pratique contemplative va être d’élargir la gamme des expériences anticipées plutôt que de s’aiguiser sur l’une des expériences, amenant à un élargissement de la distribution des aprioris. La conséquence d’un tel élagissement est que la carte de simulation va refléter de façon plus précise l’expérience sensorielle car elle est moins influencée par un apriori rigide, et ainsi d’autant plus par la sensation entrante.

Figure 1. Un modèle d’erreur de prédiction d’erreur dans l’inférence intéroceptive, adapté de (Seth 2013), dans lequel la connaissance intéroceptive est représentée par trois termes : les aprioris (ligne bleue), c’est à dire l’état corporel probable tel qu’informé par des évènements préalables ; les sensations (lignes noires), l’entrée sensorielle provenant du corps ; et la simulation (ligne verte), l’état corporel prédit en se basant sur l’intégration du retour [feedback] corporel et des influences contesxtuelles étudiées apriori. De façon cruciale, notre modèle suggère que la simulation plutôt que la sensation directe est la construction la plus proche de l’attention intéroceptive. (A) Les évènements intéroceptifs inattendus, tel que le mal à l’estomac, sont représenté comme une EP erreur de prédiction qui motive une réponse régulatrice pour minimiser le signal d’erreur. La distribution de la simulation s’affiche à la même distance de la sensation et de l’apriori pour indiquer la possibilité pour une mise à jour à partir de ces deux sources d’information (B) L’inférence active réduit l’erreur de prédiction en pondérant les aprioris sur la sensation immédiate. Une série d’états physiques très spécifiés contribue à de larges erreurs de prédiction à partir des sensations inattendues, motivant des tentatives pour modifier les états internes indirectement au moyen de la pensée et du comportement. Les inférences parviennent à réduire les erreurs de prédictions en alignant les sensations pour correspondre aux aprioris. (C) L’inférence perceptive réduit l’EP en pondérant la sensation sur les aprioris, mettant à jour la simulation pour s’ajuster à la sensation. Une série d’états corporels attendus peu spécifiés, font diminuer les erreurs de prédictions immédiates des sensations inhabituelles, donnant aux simulations intéroceptives (c’est à dire les futurs aprioris) une plus grande acuité sensorielle. Les inférences perceptives parviennent à réduire les EP en mettant à jour les aprioris pour correspondre aux sensations entrantes. Les inférences actives et perceptives peuvent co-subvenir dynamiquement dans le temps, faisant osciller l’attention entre la mise à jour sensorielle et les réponses régulatives.


Alors que l'inférence active et perceptive cherchent toutes les deux à réduire la disparité entre les états détectés et attendus , ils diffèrent dans leurs moyens de la réduire. L'inférence active manifeste est un processus par lequel un organisme agit pour confirmer ou contredire les causes de sensations intéroceptive inattendues , alors que l'inférence perceptive agit pour réduire la nature surprenante de la sensation en élargissant les attentes sensorielles , réduisant leur poids d'inférence sur la couche de simulation. De plusieurs façons, cette distinction est analogue à la différence entre les comptes rendus psychologiques modernes et contemplatifs sur la régulation des émotions .
Alors que les modèles psychologiques modernes discutent souvent de suppression , de distraction , ou remise en cause pour modifier les caractéristiques des signaux intéroceptifs,(Gross, 2002), les traditions contemplatives utilisent des termes comme l'acceptation et l'équanimité , ou tout simplement l'observation continue non-interférente, comme moyens de changer son attitude envers la sensation plutôt que de tenter de changer la sensation elle-même (Mikulas, 2011). Les adaptations laïques plus récentes de traditions contemplatives formulent presque toujours l'intégration de ces stratégies d'inférence de perception.
Nous remarquons que cette conception de l'acceptation ou de l'équanimité comme une stratégie « ascendante » (down-top » plutôt que comme descendante (top-down)  peut être controversée, mais nous croyons que cette distinction est essentielle pour la compréhension des  mécanismes d'action destinés aux thérapies contemplatives. En effet , les thérapies contemplatives  peuvent être utiles , précisément parce qu'ils remettent en question les modèles de régulation des émotions descendants' top-down ' en introduisant l'idée que parfois, tenter de contrôler ou réguler l'expérience émotionnelle est en fait le problème lui-même . Dans un système où la perception et l'évaluation sont des étapes d'itération répétitives apparemment obligatoires dans l'expérience humaine , l'inférence perceptive peut faciliter la régulation des émotions en réduisant les association perception-évaluation sur-apprise et apparemment obligatoire. Les évaluations vont toujours être à la suite des perceptions , mais elles doivent ne pas être stéréotypés et contraintes avec rigidité.

La distinction entre l'inférence active et perceptive est importante dans la vie quotidienne : par exemple, considérez une personne éprouvant un sentiment d'agitation , qui en déduit que son agitation inattendue découle de la faim . Dans ce cas, l'inférence active va rapidement associer un signal intéroceptive inattendu avec une réponse comportementale dirigée de l'extérieur et destinée à restaurer le milieu intéroceptif, vers son état homéostatique attendu. Ce faisant, donc , l'inférence active déplace l'attention de intéroception elle-même, au moins temporairement. S'il se trouve que l'inquiétude provient d'une autre source , tels que le stress en milieu de travail , la provocation par inférence active d'un changement depuis l'intéroception vers la régulation réduit la possibilité d'explorer le déroulement des signaux intéroceptifs. 
En revanche , l'inférence perceptive consiste à réduire la dépendance aux aprioris qui envisagent une sensation inattendue. Par l'inférence perceptive , l'état d'agitation devient le nouvel état attendu. A partir de cette perspective, l'évolution dynamique dans le cours du temps de cette excitation peut être explorée, notamment l'attention sur les conditions associées aux variations des états intéroceptifs. Avec le temps et la réflexion , l'inférence perceptive pourrait permettre à l'individu de se rendre compte que son excitation était plus grande lorsque il pense à son lieu de travail , et que l' excitation n'était pas réellement un signal de faim. Au fil des mise en place répétées d'inférence perceptive , les attentes apriori l'excitation peuvent changer de telle sorte que l'excitation suivant une pensée à propos du travail n'est plus inattendue, mais est à la place une conséquence ordinaire de cette réflexion . La connaissance d'un tel conditionnement peut alors permettre de nouvelles opportunités de régulation, un ensemble d'aprioris mieux adaptés pour anticiper et expliquer l'excitation physiologique.

Si l'inférence perceptive fournit ainsi les bases pour des intuitions personnelles , passer directement à partir d'une sensation inattendue à la régulation (Inférence active manifeste ) peut réduire la possibilité de telles intuitions. On pense que ces réponses « réflexe » de régulation à l'excitation émotionnelle peuvent être un facteur qui provoque les comportements émotionnels alimentaires. (Ouwens  et  al.,  2009). Dans de tels cas , les inférences actives  ne conduisent pas à une meilleure précision intéroceptive , mais à la place maintiennent un état d'erreur. En effet , l'inférence active manifeste peut nécessiter un masquage ou l'abstraction de signaux intéroceptifs nuancée et riches dans le but de promouvoir une rapide réponse comportementale.
Le but des auteurs n'est pas de dénigrer l'importance d'inférence actives  permettant aux êtres humains d'adapter dynamiquement et assouplir le monde dans lequel ils sont inextricablement
incarné. Beaucoup de sensations inattendues nécessitent de « faire », une réponse régulatrice active, plutôt que de simplement «être» avec les sensation inattendue (Williams, 2008). En effet, la plupart des comportements d'adaptation proviennent de cycles répétitifs entre la perception et
inférences actifs . Cependant, l'utilisation de l'inférence active devrait venir  avec une mise en garde souvent méconnue : il semble inévitable que la granularité sensorielle sera perdue quand on redirigera l'attention à l'écart du corps, en direction de la formulation de la réponse. La granularité Sensorielle  est ici comprise comme la capacité à remarquer les détails spécifiques de l'expérience sensorielle interne tels que des changements subtils dans les sensations. Nous postulons que granularité nécessite la capacité d'attention soutenue à la sensation, ou au moins l'aptitude à rester souple dans le va-et-vient entre le suivi sensoriel et les inférences conceptuelles.
La dégradation de la granularité sensorielle est une limite importante, dans le passage à une résolution de problèmes , dans le mode d'inférence active.  Dans de nombreux cas , la capacité de remarquer des changements dans la faim et les niveaux de satiété lorsqu'on mange est adaptée, permettant au sentiment de satiété de mettre fin à la réponse de l'alimentation et de maintenir
l'équilibre énergétique homéostatique . A l'inverse , dans notre exemple ci-dessus , la prise de conscience que le sentiment d'agitation n'a pas été atténuée par la consommation alimentaire est également importante, pour éviter de manger comme si c'était une stratégie de régulation appropriée. Un échec pour revenir à une sensation intéroceptive en suivant l'inférence active peut être vue comme fixation sur un mode de «faire» plutôt que d'«être ». Une telle fixation peut favoriser la poursuite de la prise alimentaire et potentiellement perturber les bilans énergétiques homéostatiques si les conduites alimentaires compensatrices sont chroniques.  (Lowe et Butryn, 2007).  Si l'on est en mesure de répondre à sensation inattendue à travers l'inférence perceptive plutôt qu'active manifeste, même l'importance de puissants signaux intéroceptifs dans la motivation peuvent être atténués , permettant une enquête plus approfondie et une réflexion sur les conditionnements sous-tendant le signal intéroceptif. Dans la culture laïque moderne , il a été remarqué que l'équilibre entre «être» et «faire» a été biaisé vers le mode «faire» ;  un effort est donc requis pour rééquilibrer la dynamique de régulation optimisant la régulation potentielle (Williams, 2008). Permettre une transition de « faire » vers « être » est donc un objectif principal des interventions telles que la thérapie cognitive basée sur la pleine attention (Segal et al., 2012).

En résumé , l'intégration des inférences active et perceptive dans le modèle de codage prédictif permet communément aux traditions séculaires et contemplatives de rendre compte de la façon dont sensation du corps sont régulées . L'idée de l'inférence active manifeste correspond bien avec la littérature scientifique existante - l'idée que nous sommes les guérisseurs de notre corps , qui ont besoin de réguler les perturbations intéroceptives. L'inférence active peut servir une multitude de finalités, soit elle allostatique , visant à restaurer le corps à son homéostasie de base (Craig, 2009; Gu et Fitzgerald, 2014), ou hédoniste [compensatrice], visant à atteindre un état souhaité agréable, énergique ou tranquille (Kringelbach,  2005;  Paulus  et  al.,  2009;  Naqvi  et  Bechara,2010), ou même nihiliste, visant à se libérer complètement de la sensation, comme on en trouve dans l'analgésie placebo à base  (Büchel et al., 2014). L'inférence perceptive, en revanche est souvent moins spécifiée dans les discussions sur l'autorégulation adaptative. 

Une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents aux inférence perceptive est important, car une bonne pondération de la précision sensorielle peut être une voie par laquelle s’effectuent des changements dans le comportement régulateur habituel. En effet, des niveaux élevés de granularité sensorielle peuvent être cruciaux pour défier les biais d’interprétation au cours de la traduction des niveaux bruts et granulaires de la carte de la simulation, vers d’autres niveaux de représentation plus grossiers ou plus abstraits. Grâce à l’attention aux sensation physique ou non émotionnellement élaborés, une personne peut découvrir des niveaux significatifs de tension et / ou de la détresse psychologique associée au corps qui ne figuraient pas auparavent dans l’attention , révélant un besoin de plus grand soin envers soi-même (Price, 2005; Price et al., 2012a, 2013).Inversement, une attention intéroceptive peut révéler qu’une habitude allostatique comme l’auto-médication n’est pas toujours nécessaire pour faire face aux sensations intéroceptive nocives (Kabat-Zinn et al., 1985). La recherche récente suggère que les cerveaux de méditants expérimentés manifestent la diminution d’erreurs de prédiction comme une récompense considérée de façon passive.(Kirk and Montague, 2015), indicateurs d’une moindre avidité ou attachement aux résultats positifs qui pourraient être à la base d’un comportement addictif. Systématiquement , l’inférence perceptive peut également rendre les gens attentifs aux ressources internes , offrant un accès à des capacités auparavant cachées, pour le calme , la satisfaction, et l’appréciation que les choses vont bien telles qu’elles sont. De cette manière , à chaque instant nécessite un choix entre l’inférence perceptive et active . Et encore , comment peut-on savoir quelle information utiliser ou savoir si l’on dispose de suffisamment d’informations pour agir de manière adaptée en réponse aux objectifs ? Quand doit-on passer de la perception à l’inférence active ? La capacité de répondre adéquatement aux perturbation intéroceptive est un problème difficile qui peut servir à déterminer le sentiment de bien-être d’une personne au cours de la vie.

En ce qui concerne la pertinence de la pratique contemplative , une remarque finale mérite une mention à propos de l'accessibilité aux inférences perceptive et active. Bien qu'idéalement nous sommes supposés avoir le choix entre ces deux réponses minimisant les erreurs , souvent ça n'est
pas le cas. Bien que l'inférence active semble être la stratégie de régulation omniprésente et évolutivement conservée  (McBride,  2012), le reprofilage des sensations inattendues comme un problème de perception peut exiger l'entraînement des capacités attentionnelles , des intentions , et d'attitudes qui sont moins intuitives . Nos corps effectuent des inférences actives physiologiques avant même que nous soyons nés (Moor,  1968), et apprendre à appliquer l'inférence active manifeste sous la forme de vêtements , de l'alimentation , et autres manières de prendre soin de nous-mêmes est une caractéristique complexe , mais quasi-universelle du développement  de l'enfance. L'inférence perceptive à ces stades précoces pourrait ne pas être possible étant donné la limitation des ressources cognitives ou de la maturité, et en effet il peut être contre-productif à la maîtrise individuelle des réponses d'inférence actives. Dans la maturation, cependant, nous nous rendons compte que toutes les sensations inattendues ne peuvent pas être corrigées ou que nos réflexes correctifs habituels sont en fait inadaptés. Bien que les thérapies comportementales abordent ce problème en travaillant à amer dans l'attention de telles habitudes d'inférence actives manifestes, afin que les ils puissent être restructurés fructueusement, l'inférence perceptive peut exiger le développement d'un ensemble de compétences qualitativement différentes. Ainsi il est important de considérer que les inférences actives et perceptives ne sont pas également disponibles , et que l'inférence perceptive tend à être le moins disponible des deux, en l'absence d'apprentissage d'expériences spécifique.

	L'intéroception dans la Santé, la Maladie, et le Bien-être.
Il a été proposé que les représentations mentales de l'individualité sont basés essentiellement sur l'expérience sensorielle incarnée , au fondement du sentiment de soi dans le monde qui est crucial pour interagir avec l'environnement. (Seth,  2013). Dans cette perspective , une plus grande précision de l’autoreprésentation intéroceptive favorise une plus grande adaptation instant après instant, alors qu'une dissociation de la représentation exacte peut conduire à la dérégulation . En conséquence, de nombreux problèmes de santé contemporains impliquer des dérégulation des processus intéroceptifs , y compris les troubles affectifs (Paulus and Stein, 2010), l'addiction  (Naqvi and Bechara, 2010), les troubles alimentaires  (Garner et al., 1983; Pollatos et al., 2008;
Herbert  and  Pollatos,  2014), les douleurs chroniques  (Schmidt  et  al., 1989), les troubles de dissociation  (Hankin, 2012; Michal et al., 2014; Sedeño et al., 2014), les troubles de stress post-traumatique  (PTSD; Wald and Taylor, 2008), et les troubles somatoformes  (Mirams et al., 2012; Schaefer et al., 2012). Comprendre comment les processus intéroceptifs  influencent l'autorégulation les représentations de soi dans le monde peut conduire à l'amélioration des modèles de maladie et de traitement. (Pollatos et al., 2005).

Présence et Aptitude [agency]
Une approche pour comprendre les dysfonctionnements dans l'attention intéroceptive est d'appliquer le cadre du codage prédictif comme un modèle explicatif qui distingue les processus  adaptés et inadaptés. À cette fin, deux extensions du modèle ont été proposées , décrivant la façon dont les processus d'inférence décrit ci-dessus fonctionnent pour minimiser les erreurs de prédiction (EP). (Seth  et  al.,  2011). Le premier de ces concepts est la présence : La présence est considérée survenir lorsque les signaux d'EP intéroceptifs et/ou extéroceptifs ont été minimisés avec succès. Dans le compte rendu de Seth et al. (2011) une telle minimisation d'erreurs a été attribué aux inférences actives, manifeste ou physiologique, résolvant avec succès les sensations inattendues à  travers les réponses autonomes ou de comportement , donnant lieu à un sentiment d'engagement et de la connexion avec le corps et l'environnement. Cependant , nous proposons qu'à partir d'une perspective contemplative , la présence est aussi bien.accessible par l'inférence perceptive.
Il y a plusieurs façons que les  EP puissent être réduites pour donner lieu à la présence : dans un environnement de réalité virtuelle , des signaux intéroceptifs peut être masquée par des signaux externes explicites avec succès, tels que se voir se promener dans l'absence de signaux de mouvement proprioceptifs, ce qui conduit à un sentiment de présence par l'acceptation des 
signaux externes comme étant son propre état incorporé. Étant donnés les indices externes explicites dans un environnement de réalité virtuelle , un sentiment de présence peut venir plus facilement que d'essayer de détecter et faire correspondre les indices intéroceptifs faibles et chaotiques au sein du milieu interne bruyant. En revanche , dans la pratique contemplative le sentiment de présence à travers une variété d'expériences viscérales peut élargir la distribution des attentes intéroceptives (les aprioris ) , et réduire la précision de ces aprioris , ce qui minimise le potentiel de erreurs de prédiction . En d'autres termes , dans une carte de simulation qui permet une grande variation dans les entrées sensorielles , relativement peu de sensations viscérale sont assez extrême pour créer un e EP exigeant une réponse régulatrice.

Nous suggérons qu'avec les répétitions réussies d'inférences perceptives , l'influence des aprioris antérieures est ainsi affaiblie , ce qui conduit à des sentiments de mise à jour automatique de la carte de simulation : la présence sans effort. (Sjölie,  2014).  Alors que les individus en bonne santé  expérimentent probablement  une telle présence sans effort comme bien sûr importante,  il est probable que de telles expériences se déroulent à travers un continuum d'effort , avec des  difficultés extrêmes dans la réalisation de la présence se manifestant dans des troubles de dépersonnalisation et de déréalisation (Seth et al., 2011). Cependant, même au sein de la population en bonne santé, le degré auquel la présence est expérimentée et
entretenue peut dépendre des stratégies de régulation et des habitudes. Une personne dont l' habitude régulatrice est l' inférence active manifeste peut passer beaucoup de temps à la poursuite d'états intéroceptifs idéalisés, plutôt que d'apprendre à permettre à la régulation autonome d'atteindre plus subtilement et maintenir de tels états.  Une telle personne exigerait de plus grands efforts pour atteindre un sentiment de présence . En outre, un recours généralisé à l'inférence active pourrait réduire la possibilité de présence lorsqu'une sensation ne peut pas être facilement prise en charge par une voie de régulation active, que ce soit par le comportement manifeste ou par une régulation autonome. Dans de telles situations, la présence  sans effort peut sembler être état important, mais irréalisable, similaire à l'idéal d'accepter ses pensées négatives
et ses sentiments pour les personnes ayant des antécédents de dépression ou d'anxiété. (Pauley et McPherson, 2010). Pour ces personnes , apprendre à réduire les EP à travers l'inférence perceptive plutôt qu'active  peut constituer un changement radical dans l'auto- traitement, l'introduction d'une nouvelle stratégie de régulation fondée sur l'acceptation plutôt que le contrôle. On ne sait pas combien varient les sentiments de présence dans la population générale ; mais nous pourrions faire l'hypothèse que les expériences de présence sans effort sont au mieux rares, dans la culture occidentale moderne, avec sa frénésie et sa perpétuelle course au lendemain. 

A titre d'exemple de présence fonctionnant de façon adaptée , on pourrait imaginer la perception et puis l'acceptation d'une augmentation transitoire de la fréquence cardiaque inattendue. A la suite de l'étonnement initial , une personne peut se livrer à l'inférence perceptive , explorer le signal intéroceptif, que nous mettons en œuvre comme tentative de mettre à jour la carte de simulation pour correspondre à ce signal. L'acceptation pourrait alors se produire lorsque l'inférence perceptive simule avec succès la fréquence cardiaque élevée plus que dans l'état normal attendu. En acceptant le changement interne , la force de motivation de modification physiologique est minimisée, sans nécessiter la suppression de chaque attente ou des signaux intéroceptifs . En revanche, l'utilisation de l'inférence active manifeste pour résoudre l'événement inattendu  a été associée avec le sentiment  de l'aptitude [agency]  (Seth et al.,2011), un sentiment de contrôle sur ses actions dans le monde, sentiment que l'on peut produire des résultats particuliers.  L'aptitude peut être inspirée à la fois par la régulation directe de la sensation corporelle , ainsi que par des changements dans les schémas comportementaux qui contribuent indirectement à l'état intéroceptif. Dans le cadre de notre discussion sur l'intéroception et le bien-être , le sens de l'aptitude est important pour prendre en charge un sentiment de responsabilité dans l'autorégulation . Cela vaut tant pour les formes classiques d'inférence active manifeste,  comme de quitter un emploi stressant et aller vers un autre moins payé mais plus vivable, que  dans les pratiques contemplatives comme l'apprentissage que l'on peut réduire le sentiment d' excitation anxieuse par la régulation du souffle ou d'autres activités de régulation.

La présence et l'aptitude sont importants en ce qu'ils établissent les normes pour l'expérience et le contrôle qui guident le comportement et finalement déterminent le sentiment de bien -être . dans les troubles anxieux , par exemple , l'aptitude est obtenue par le retrait des situations stressantes , une forme d'inférence active qui est efficace dans le court terme mais finalement inadaptée, puisque cette personne n'apprends jamais que le résultat redouté n'est probablement pas vrai. Dans l'anxiété , les erreurs de prédictions sont augmentés- une personne peut faire l'expérience d'une réponse très agressive à un stimulus neutre à la base. (Paulus  and  Stein,  2006). Cette réponse d'aversion est augmentée plutôt qu'éteinte lorsque l' individu anxieux fait des anticipations catastrophiques de la sensation d'aversion, qui sont jumelées à des inférences actives pour gérer ces catastrophes en vue. Par exemple , si une accélération du rythme cardiaque pendant un exercice est évaluée comme une crise cardiaque, l'inférence active nécessite un voyage à l'hôpital. Si la respiration rapide avant de parler en public est évalué comme le manque de capacité qui va causer de l'embarras, inférence active exige le retrait social. En face des menaces à l'aptitude, les comportements inadaptés sont renforcées , ce qui interfère finalement avec l'exploration et la modification de sa relation à des événements stressants .

À partir d'un modèle de codage prédictif ,  le stress chronique peut conduire à une réduction de la précision de codage des EP en faveur d'aprioris forts autour de la reconnaissance de sensations d'aversion et en confirmation de comportements d'inférence actifs pour alléger cette sensation . Bien qu'il soit désagréable de faire l'expérience de l'excitation d'aversion inattendue  , c'est cette seconde appréciation secondaire autour de l'aptitude , la menace envers le contrôle de la situation, qui est la cause de la détresse profonde. L'idée que les constructions d'ordre supérieur (tels que l'aptitude) sont au cœur du bien-être subjectif est un thème central de la théorie de l'évaluation moderne (Scherer et al., 2001), tout comme la présence est au cœur de compte rendus contemplatifs du bien être (Brown et Ryan, 2003). Ces théories permettent d'ajouter du crédit au fait que la santé mentale subjective découle de nos inférences sur la capacité d'adaptation , pour laquelle chaque tentative d'inférence active ou perceptive sert de test momentané. Si des  EP imprécises poussent à des comportements d'inférence actifs inadaptés ou inefficaces, les inférences de faire face à l'échec sont susceptibles d'exacerber les sentiments d' impuissance et d'inefficacité et contribuent à l'impact délétère des facteur de stress.

Dans sa capacité à lier les évaluations de haut niveau de l'estime de soi à des actes régulateurs instantanés, le cadre de codage prédictif est utile pour comprendre de nombreux autres troubles , parce il suggère que le bien-être nécessite un entretien actif, à savoir , que la présence et l'aptitude doivent être continuellement construits grâce à la réduction réussie des  EP. (Paulus, 2007), indépendamment de l'équilibre entre l'inférence active et perceptive. Cette perspective contraste avec la notion que l'isolement de notre corps et du monde serait préférable sauf pour nous alerter sur des événements négatifs . Au lieu de cela ,c'est le manque d'intégration de simulations intéroceptives précises  dans des niveaux de représentations d'ordre plus élevés qui est supposé être à la base de la dérégulation cognitive et comportementale. Il y a dans cette observation une grande convergence avec les perspectives contemplatives. Par exemple , suite à un traumatisme , certaines personnes peuvent éprouver une dissociation de leur expérience corporelle, comme on en trouve dans certaines formes de dépression grave et de Stress Post-Traumatique (SSPT) (Feeny  et  al.,  2000). Dans de tels cas , les aprioris associé à des signaux d'erreur corporels peut avoir été liée à des expériences traumatiques, qui sont trop puissants pour être activement contrôlés (inférence active) , et trop aversifs pour être acceptés ou, comme dans de nombreuses orientations contemplatives , pour être modifiés simplement en étant observé (deux cas d'inférence perceptive [observation et acception]) . Étant donné que les signaux d'erreur ne peuvent pas être minimisés , la carte de simulation elle-même peut être supprimée sous la forme d'expérience d' évitement, une forme d'accoutumance de défense pour les signaux intéroceptifs puissant et incontrôlables , ou de comportement d'évitement des situations provocatrices.  Une telle inhibition peut équivaloir à une réduction de la précision des probabilités des aprioris sur la carte , de sorte que seuls des signaux sensoriels très puissants sont capables de déclencher une hausse des flux des erreurs de prédiction vers des couches de simulation plus élevées .

Tandis que l'évitement procure un soulagement momentané de l'attraction de l'attention vers les signaux d'EP, les inhibitions de la sensibilité intéroceptive peuvent également créer leurs propre série de problèmes psychosociaux , à la fois par l' obscurcissement d' importants indices intéroceptifs , l'absence de sensations intéroceptives souhaitables, et le maintien de croyances inadaptées sur le monde et de la relation avec lui.  (Paulus  et Stein, 2010).  En effet , la gravité de la dissociation somatique été liée à une plus grande susceptibilité aux illusions somatiques induites expérimentalement, ce qui suggère une dépendance excessive à des idées apriori qui interfèrent avec entrées sensorielles immédiates. (McKenzie  et Newport, 2015) De nombreuses traditions contemplatives débutent avec l'hypothèse que l'intégration intéroceptive  d'une personne souffrante peut être dysfonctionnelle ou déficiente ; pour remédier à cette situation , l'attention au corps peut retarder l'évaluation cognitive , créant un espace de restructuration du processus d'intégration.  (Shapiro  et  al., 2008).

L'entraînement Intéroceptif dans la Pratique Clinique

Les exemples spécifiques d'intégration intéroceptive dysfonctionnelle sont innombrables dans les troubles psychologiques . Par exemple , lorsqu'une personne souffrant de graves troubles de fixation envisage une interaction sociale de proximité, il y a souvent une différence immédiate entre les sentiments réels et attendus de relation, offrant une nouvelle source de surprise intéroceptive qui peut être appréhendée avec anxiété. (Rector et al., 2006; Gilbert et al., 2012). De même, il n'est pas rare pour une personne ayant un antécédent de traumatisme sévère d'être si anxieux qu'il est impossible de connaître des sensations positives dans l’interaction de proximité.(Fogel, 2009; Frewen et al., 2012). En l'absence de nouvelles informations intéroceptives , ces craintes et préoccupations peuvent prendre la qualité de la rumination , de pensée persévérante  qui est associée à un trouble de vulnérabilité. (Nolen-Hoeksema,  2000).   Le cadre de codage prédictif fournit une explication de la façon dont la rumination peut dominer l'attention : si des cartes de simulation fonctionnent avec une faible pondération de la perception , l'attention est le plus souvent attirée sur régulation active , laissant peu de possibilités d' expérience intéroceptive de présence,  un sentiment qu'une sensation est acceptable et tolérable , qui pourrait défier les attentes sombres et dysphoriques. L'entraînement contemplatif est largement axé vers la capacité de dé-programmer ces codages. Généralement, de telles distorsions cognitives de la réalité peuvent continuer sans entraves , ce qui conduit à une spirale descendante qui caractérise la nature chronique et récurrente  des troubles affectifs. (Raes et al., 2008).
Et pourtant , en dépit de l'importance de l'inférence perceptive pour le bien-être , il faut souligner que cette conclusion prise seule n'est pas une panacée, l'expérience perceptive n'est pas facilement dissociable de l'évaluation ultérieure , et donc même une intéroception exacte et précise peut puissamment activer les associations et les évaluations négatives conditionnées.  (Treleaven, 2009). Par exemple, dans l'anorexie nerveuse , les patients peuvent développer de puissantes associations entre la conscience des états corporels associés à la famine et un mode de «faire» qui met l'accent sur le contrôle de l'alimentation , la forme et le poids , se terminant finalement dans la répression intéroceptive une fois de plus (Watts et al., 2007; Park et al., 2011). Dans l'anorexie, apporter de l'attention à l'organisme sera d'abord contacter une augmentation plutôt qu'une diminution du comportement inadapté . Ainsi, il y a une raison  pour que l'intéroception devienne perturbé , et un accompagnement habile est particulièrement important pour rétablir l'accès à l'intéroception.
Si un cadre de régulation n'est pas en place , tels que la capacité [motivation] d'acceptation de sensations ambiguës ou difficiles , le rétablissement de l’accès intéroceptif -  ou la préconisation d'une intervention contemplative - pourrait introduire de nouveaux traumatismes . Par exemple,
accroître la sensibilité intéroceptive sans régulation compensatoire  peut être inadapté à une grave dépression et une personne suicidaire ou quelqu'un avec une douleur aiguë issue d'une grave brûlure. Dans de nombreux cas , cependant, il semble qu'une clinique ou un guidage contemplatif spécifiquement formés et habiles,  peuvent réussir à relever les défis inhérents à un ré-engagement intéroceptif. Par exemple , la recherche à propos de femmes en traitement pour des troubles de consommation de substances [médicaments, drogues],  suggère que quand elles sont invitées à découvrir la connexion entre la détresse physiologique et émotionnelle, elles apprennent souvent qu'elles ont la capacité et les compétences nécessaires pour prendre en charge et négocier le stress émotionnel. Une sensibilité intéroceptive accrue  fournit des indices nuancées pour les soins personnels, qui facilitent la régulation émotionnelle, réduisant les réponses de stress conditionnées de consommation de substances , et permettant à ces patients d'entretenir la sobriété.(Bowen et al., 2007; Price et al., 2012b). 
La nécessité d'un cadre d'interprétation pertinent est apparent dans la recherche psychométrique sur la pleine attention aux la sensation du corps , (Baer et al., 2008). Cette recherche sur le  questionnaire suggère que des niveaux élevés de cet aspect «d'observation» sont associés à des résultats de santé mixte dans la population générale , mais avec des résultats plus uniformément positifs chez ceux qui sont relativement dépourvus de traumatismes et ont reçu une formation en entraînement contemplatif. Un rapport publié récemment souligne que l'aspect  «d' observation» généralement donné, de devenir attentif aux changements corporels, pourrait changer dans ces approches dans un degré bien moindre que les aspects régulateurs de la sensibilité intéroceptive, c'est à dire, comment le corps est utilisé pour l'autorégulation dans la vie quotidienne. (Bornemann et al., 2014). Dans ce cas , un compte rendu personnel multidimensionnel  était suffisant pour distinguer entre les aspects du changement intéroceptif , et sert en tant que précédent important pour la poursuite de la recherche clinique. Il convient de noter , cependant, que la plus grande partie de la recherche clinique décrite dans la section suivante a utilisé seulement plus des rapports qualitatifs globaux de changement intéroceptifs , une constatation qui peut en fait suivre un effet d'entraînement sur une partie seulement des nombreuses facettes de l'intéroception.

Exemples Cliniques chez des patients atteints de Stress Post Traumatique ou de Douleur Chroniques

Afin de clarifier la pertinence de  l'intéroception dans la promotion du bien-être , il peut être utile d'examiner des exemples où l'entretien d'une intéroception adaptatée a obtenu un succès clinique. Les nouvelles recherches suggèrent que les pratiques contemplatives peuvent puissamment soutenir le processus de la redécouverte.intéroceptive. Dans le traitement de femmes ayant des antécédents de violence sexuelle interpersonnelle, les participants apprennent à s'engager dans l'inférence perceptive , à reconnaître quand les signes sensoriel de dissociation sont déclenchés émotionnellement , leur permettant de maintenir l'attention dans leurs corps au lieu de dissocier ces sensations comme à l'habituel, dans des réponses régulatrices actives[d'évitement].
Au fil du temps , les participants découvrent que leur corps peut être une ressource d'information aidante plutôt qu'une source de signaux menaçants qui devraient être évités . Ainsi , les sensations corporelles non incorporée au préalable dans la sensibilité peuvent être autorisés à entrer dans
l'expérience phénoménologique , et peuvent être mieux intégrés de façon appropriée dans les  auto-schémas. Ces expériences peuvent conduire à un plus grand sentiment de sécurité dans le monde , une plus grande capacité à s'engager dans des interactions intimes avec son conjoint / partenaire sans dissociation, à une plus grande capacité à négocier des environnements stressants et des  interactions, et enfin à ressentir une plus grande plénitude et autonomisation. (Price, 2005, 2007). 
Il reste à déterminer si ces pratiques contemplatives augmentent directement la précision intéroceptive, ou soutiennent à la place d'autres éléments de notre taxonomie intéroceptive , comme l'augmentation de la sensibilité à des événements intéroceptifs et la modération qui s'ensuit des habitudes de régulation.
Un autre exemple du potentiel de pratiques contemplatives réside dans la prise en charge psychologique de la douleur chronique , dont l'approche la plus couramment utilisée est actuellement la combinaison de recadrage cognitif par la thérapie comportementale-cognitive et la distraction de l'attention (Hoffman  et  al.,  2007). Récemment, cependant , il a été demandé si la distraction est efficace pour la douleur chronique ainsi ainsi qu'elle le fait pour les expériences de douleur aiguë (Goubert  et  al.,  2004). Une des raisons de reconsidérer les techniques de distraction est qu'une partie de la pathologie de la douleur chronique peut effectivement tourner autour des associations de peur inadaptée qui appauvrissent le traitement intéroceptif et exacerbent les syndromes de douleur , et des associations d'évitement conditionnés dont la distraction ne servirait qu'à renforcer plutôt que de les dissoudre. (Zaman  et  al.,  2015). Au lieu de cela , " l'exposition intéroceptive « peut constituer une alternative (Craske  et  al.,  1997;  Boswell  et  al.,  2013). Le Yoga comprend une formation intéroceptive , il est associé à une diminution de l'activité du cerveau préfrontal et a montré des bénéfices pour la gestion de la douleur (Villemure  et  al.,  2013). En gardant à l'esprit la question que la sensibilisation intéroceptive n'est pas toujours bénéfique , aidante , ou tolérable , il semblerait que ces exemples et d'autres suggèrent que dans de nombreux cas , le guidage  prudent de l'attention, renseignée par la théorie contemplative , et avec un accompagnement et des conseils au cas-par-cas , peut permettre aux gens de se reconnecter à leur corps avec un grand potentiel thérapeutique. Avec un soutien approprié , les patients peuvent apprendre à tolérer négativement les expériences conditionnées du corps, et acceptant éventuellement  leur réponse aversive préalable, ce qui libère les ressources cognitives pour la reconstruction du processus d'évaluation. (Park et al.,2012).
En résumé , l'intéroception est importante pour le bien-être , à un niveau pragmatique de maintien des états physiologiques souhaités dans le corps , mais aussi à un niveau épistémique pour ses contributions à la perception de la présence et de l'aptitude . En effet , de nombreux troubles psychologique sont caractérisés par des perturbations de la présence et de l'aptitude sous forme de dissociation ou de désespoir , ou par des solutions inadaptées aux violations de l'aptitude , tel qu'on le trouve dans retrait anxieux. L'entraînement contemplatif peut être efficace pour restaurer la dynamique adaptative  intéroceptive qui traite ces violations , en gardant à l'esprit la mise en garde que le reprofilage des signaux intéroceptifs doit être effectué avec du soin et de l'accompagnement pour augmenter la tolérance pour les sensation aversive  conditionnées. Comment de telles pratiques peuvent accomplir cet exploit réparateur est le thème de la section suivante.
	La Pratique Contemplative pour Revitaliser l'intéroception : 
	L'exemple de la Pleine Attention  « Mindfullness »
Compte tenu des preuves convaincantes que les processus intéroceptifs sont constitutifs de nombreuses formes de troubles affectifs ou connexes, nous pourrions demander comment l'intéroception peut être restaurée à un état optimal. L'expérience clinique suggère que la confiance dans  les signaux du corps  -comme des information potentielles pour le guidage décisionnel-  et la valorisation du corps -comme une ressource importante dans la direction de son comportement-, sont peut être des précurseurs majeurs de ce changement.  (Mehling et al.,2011). Dans le cadre de codage prédictif , la confiance ou l'acceptation des signaux intéroceptifs correspond à notre discussion sur l'augmentation de la pondération sensorielle, sur l'inférence perceptive , et l'entretien du sentiments de  présence. Alors que les  études scientifiques modernes ont beaucoup à dire sur la mécanique du corps , la façon dont ces mécanismes peuvent être utilisé pour cultiver un état phénoménologique plus incarnée n'a pas toujours été leur objectif. C'est dans cet effort pour comprendre le développement et le maintien de la présence et de l'aptitude que la science traditionnelle contemplative peut être utile.
Beaucoup de pratiques contemplatives axés sur le corps impliquent une direction explicite de l'attention aux sensations intéroceptives . L'exploration de l'attention intéroceptive sous beaucoup d'autres noms est central dans les traditions contemplatives , médicales et philosophiques asiatiques.
Surtout, elles sont présentées dans un contexte philosophique d'exploration des vues erronées à propos du soi et de la subjectivité individuelle , qui résultent en partie d'ignorance , de mauvaise interprétation , ou du manque d'expérience de niveaux intéroceptifs plus subtils. De telles pratiques contemplatives ,bien qu'elles puissent avoir de nombreux autres buts en plus de la formation de sensibilisation intéroceptive , offrent souvent une méthode d'entraînement dans cette attention, pour réorienter l'expérience à partir de la distraction (ou autre) vers le contrôle de l'attention , de l'effort vers l'aisance, de la séparation vers la connexion. Tous ces changements sont réputés bénéfiques . Dans cette section, nous mettrons l'accent sur les traditions de méditation de pleine attention du fait de leur contribution à un sentiment de présence grâce à des pratiques d'attention intéroceptives le plus souvent stationnaires. Il est toutefois important de noter que d'autres traditions, basées sur des mouvements, telles que le yoga ou taï-chi peuvent être particulièrement bien adapté vers l'entretien de l'aptitude. Une grande partie de la recherche est nécessaire pour explorer les effets de pratiques particulières sur le codage prédictif de l'attention corporelle.
Parmi les traditions contemplatives , la pleine attention a récemment reçu une visibilité particulièrement forte dans les sciences modernes . Il existe une abondante littérature sur les bénéfices de santé obtenues par les approches de pleine attention - pour voir un aperçu voir  (Grossman et al.,2004;  Chiesa  et  Serretti,  2009;  Hofmann  et  al.,  2010), en particulier dans le domaine de la prévention de la rechute chez les personnes vulnérables à la dépression  (Goyal  et  al.,  2014).Il devrait être noté que l'entraînement intéroceptif  est seulement un aspect des contributions de la pleine attention , qui souligne également de changer son rapport au contenu de la pensée. Néanmoins , ses contributions peuvent représenter l'introduction la plus importante de l'entraînement Occidental. Les approches de Mindfulness peuvent être particulièrement efficace pour réduire la dissociation somatique à partir de douleur chronique et de traumatismes sexuels (Price, 2007) mais aussi dans d'autres troubles de la santé mentale des tels que la consommation de substances (Price et al., 2012b) , la dépression (Williams et al., 2013), l'anxiété  (Hoge et al., 2013) , et les troubles alimentaires (Daubenmier et al., 2011). Il est suggéré que les pratiques de pleine attention intéroceptive  produisent des changements significatifs à travers une variété de domaines cognitifs , y compris l'auto- référence (Brown et Ryan, 2003; Farb et al., 2007; Ingram et al., 2011), l'attention  (Jha et al., 2007; De Raedt et Koster, 2010), la régulation émotionnelle (Ortner et al., 2007; Jha et al., 2010), la perception de la douleur  (Zeidan et al., 2010a; Gard et al., 2012), l'aptitude  (Allen et al., 2009), et les sentiments d'appartenance sociale  (Hutcherson et al., 2008; Neffand Germer, 2013); voir (Hölzel et al., 2011) pour un bilan intégral.
Les définitions scientifiques modernes conceptualisent la pleine attention comme une attention ouverte , engagée , et sans porter de jugement sur le flux de l'expérience actuelle de l'instant, y compris  l'expérience interne  des sensations , des pensées et des sentiments , ainsi que les sensations extéroceptives . Il a été avancé que l'un des moyens initiaux et basiques  par lequel la pleine attention profite à ses praticiens, est d'ancrer l'attention aux signaux intéroceptifs, tels que le souffle ou les sensation du corps.(Mehling et al., 2011; Kerr et al., 2013; Farb et al., 2014), une idée soutenue par les comptes-rendus d'entraînements d'une attention subjective accrue du corps (Mehling,  2001) , et un renforcement accru des réseaux du cerveau dédiés aux processus intéroceptifs.(Farb et al., 2013). L'attention concentrée sur les sensations corporelles est au moins l'une des méthodes par laquelle la pleine attention façonne la cognition ;(Hölzel et al., 2011) avec la stabilité de l'ancrage intéroceptif , les praticiens s'engagent dans un suivi ouvert de l'expérience , qui, à partir d'un point de vue laïque et moderne de l'usage des  pratiques contemplatives à des fins thérapeutiques,  révèle et affaiblit les motifs réactifs inadaptés de façon à ce qu'ils puissent être modifiés de façon adaptée.  (Lutz et al., 2008; van den Hurk et al., 2010). À partir du cadre de codage prédictif , les pratiques contemplatives axées sur le corps peuvent modifier les processus intéroceptifs en modifiant les habitudes usuelles depuis l'inférence active vers l'inférence perceptive, améliorant l'intégration de bas en haut sur ce qui se passe dans le corps, plutôt que de tenter de modifier la sensation du corps pour l'adapter à des attentes de ce qui devrait arriver dans le corps, de haut en bas. (Pagnoni  and Porro,  2014). Étant donné que même les perceptions de bas niveau des sensations intéroceptives s'appuient généralement à la fois sur l'intégration des processus sensoriels et des attentes, se livrer à un pratique intéroceptive contemplative peut réduire la précision des attentes antérieures , réduisant la capacité des aprioris de déclencher des erreurs de prédiction (EP) en réponse à sensations entrants . Par  conséquent cet élargissement des entrées sensorielles acceptables peut donc permettre des représentations plus précises et dynamiques de la sensation , ce qui donne des réponses comportementales plus nuancées , et mieux adaptées.

L'abondance des études empiriques sur l'entraînement des mécanismes de l'attention , en fait un point de départ utile pour discuter de comment les pratiques contemplatives peuvent avoir une influence sur les processus intéroceptif. Ci-dessous , nous décrivons plusieurs domaines dans lesquels les traditions contemplatives tels que la pleine attention peut positivement influencer le processus intéroceptif , en reconnaissant que ces domaines sont susceptibles d'interagir et de se soutenir mutuellement d'une façon dynamique ( plutôt que linéaire ) et synergique.

La Sensitivité Améliorée
Contrairement à la perception des méditants , même expérimentés, la pleine attention ne semble pas augmenter généralement la sensibilité intéroceptive lors de l'évaluation en laboratoire , du moins lorsque la mesures la plus courante de précision intéroceptive , le rythme cardiaque, est concerné.  (Khalsa et al., 2008; Parkin et al., 2013). La pleine attention peut toutefois augmenter la sensibilité intéroceptive dans des domaines qui sont les foyers des  pratique méditative , telles que la sensation du souffle (Daubenmier  et  al.,  2013), ou les indices intéroceptifs indiquant la présence de schémas réactifs subtils. Même les brèves méditations de Scan-Corporel réduisent les erreurs dans la tâche subtile de détection de signaux somatiques.(Mirams  et  al.,  2013), de même que  l'acuité tactile améliorée en lien aux pratiques de taï-chi. (Kerr et al., 2008). 
En outre , l'entraînement de la pleine attention semble modifier les tendances de l'attention intéroceptive , en concentrant l'attention sur les sensations intéroceptives plutôt que sur l'évaluations cognitives de ces sensations.  (Garland et al., 2012), en accord avec un modèle dans lequel les pratiques contemplatives décalent les stratégie de régulation des inférences actives aux  perceptives . En tant que telle, l'amélioration de la sensibilité suivants l’entraînement de la pleine attention peut constituer une sorte de « d'éthique incarnée » qui favorise le déploiement de l'attention intéroceptive, un engagement quotidien à l'inférence perceptive plutôt qu'une amélioration de la sensibilité elle-même. (Grossman, 2015).
Une conséquence de l'augmentation de l'inférence perceptive est l'augmentation de la granularité de l'expérience intéroceptive , la réduction de l'influence émotionnelle  d'auto-évaluation de l'expérience, en faveur d'une clarté accrue et de la sensibilité à la subtile provocation émotionnelle (Nielsen and Kaszniak, 2006). Une telle sensibilité peut se manifester à plusieurs niveaux de la carte de simulation , permettant à des praticiens des reconnaître des dynamiques subtiles et plus longues de l'excitation physiologique, la dynamique qui devrait normalement être masquée par des  évaluations cognitives arrêtées, en réponse aux premières perturbations. Le bienfait de l'amélioration de la granularité est une occasion d'apprendre plus sur son corps et sur son conditionnement dans le monde. Effectivement, les praticiens de la pleine attention montrent précision accrue entre les mesures subjectives et objectives de la sensibilité du corps , un indice de la sensibilité relative dans différentes zones du corps. (Fox et al., 2012), et un accroissement de la cohérence entre les états physiologiques et les états subjectifs.  (Sze et al., 2010). Cette cohérence permet une meilleure appréciation de comment des situations stressantes impactent à la fois l'esprit et le corps , ce qui augmente les chances d'actions de régulation adaptée. En outre , parce que l'intéroception engage les même voies neurales que les émotions pro-sociales telles que l'empathie (Singer et al., 2009), une sensibilité intéroceptive accrue pourrait aussi conduire à une meilleure intégration sociale , bien que la preuve directe de cette relation est encore nécessaire.
Une Non-Réactivité Améliorée
Les bénéfices les plus profonds des pratiques contemplatives se trouvent dans l'effet de levier de la non-réactivité pour générer une régulation à partir d'idées adaptées et pertinentes. Le modèle de codage prédictif peut tenir compte de la disponibilité de ces idées pertinentes à travers la notion de pondération précise , à savoir , combien une personne répartit ses ressources métabolique et d'attention entre ( i ) se représenter, explorer et accepter des signaux sensoriels inattendus , à savoir , les erreurs de prédictions (EP), et (ii) maintentir des attentes apriori. Comme on l'a vu, l'attention peut amener à une plus grande précision de pondération sensorielle que les aprioris, qui favorise à son tour l'inférence perceptive plutôt qu'active manifeste. (Figure 1). A la fois les inférences perceptuelles et actives manifestes, nécessitent l'utilisation de ressources métaboliques, comme en témoignent les sentiments d' effort lorsque l'on s'engage dans l'un des deux processus. Cependant, seulement l'inférence active manifeste engage une élaboration cognitive , nécessitant l'évaluation cognitive des nombreuses actions potentielles disponibles en réponse aux perturbations intéroceptives . Étant donné que l'inférence active manifeste est susceptible de consommer beaucoup plus de ressources métaboliques , les individus doivent tenter d'optimiser la précision des  données sensorielles entrantes et les aprioris pour minimiser le gaspillage d'effort de régulation.(Fotopoulou, 2013). Malheureusement , pour les personnes ayant des tendances fortes de régulation conditionnée, à savoir , le réglage de haute précision des aprioris, cette minimisation peut s'avérer difficile face à des réponses de régulation apparemment automatiques et obligatoires. Résoudre la déconnexion entre l'idéal d'efficacité régulatrice et la réalité de l'inférence active conditionné est un problème non négligeable.
Nous émettons l'hypothèse que l'un des grand bénéfices des pratiques contemplatives intéroceptives  est de fournit une voie vers l'inférence perceptive face à un tel conditionnement , détendant efficacement les tendances d'évaluation . Tout en exigeant une attention , l'inférence perceptive libère les niveaux d'ordre supérieur de la cognition, émergents et passants,  sans attachement particulier à une évaluation donnée de l'état simulé. En d'autres termes , l'inférence perceptive libère des ressources de haut niveau pour permettre la métacognition , et la représentation de l'état d'esprit actuel. Comme on l'a vu,le simple fait de l'observation elle-même,  peut créer un changement , peut-être même sans mise en mouvement de ressources d'ordre supérieur. L'idée que les pensées peuvent être considérées comme des événements mentaux transitoires plutôt que comme des indices à l'action immédiate est souvent désigné comme decentering [dés-ego-ification, lâcher-prise, et non pas décentrage NDT] ou reperceiving [réappercevoir] dans la littérature de l'attention.  (Shapiro et al., 2006; Fresco  et  al.,  2007), et peuvent être une conséquence adaptée de réponse à des expériences excitantes utilisant l'inférence perceptive plutôt qu'active. Le decentering peut également être liée à l'arc intentionnel, qui définit la pratique de la pleine attention en mouvement et l'entretient dans la durée. L'entraînement à la pleine attention semble particulièrement bien adapté pour favoriser le lâcher-prise lié à la relaxation musculaire progressive ou les interventions de la gentillesse aimante.  (Feldman  et  al., 2010), peut-être en raison de l'amélioration explicite de la pondération précise sensorielle au détriment de l'inférence active. Un tel lâcher-prise peut ne pas être une fin en soi , mais aussi un possibilité de recentrage [recentering] souple sur des sensations habituellement ignorés qui constituent des expériences significatives, constructives et positives . En conséquence, l'expérience de la pleine attention a été associée à une augmentation de la souplesse cognitive. (Moore and Malinowski, 2009). De cette façon, les processus dédiés aux signaux intéroceptifs peuvent servir à favoriser la non-réactivité conceptuelle dans l'expérience, ce qui, à son tour favorise le bien -être.
La Régulation Améliorée 
Dans l'espace métacognitif qui est offert par non-réactivité renforcée  , de multiples évaluations intéroceptives peuvent être observées comme apparaissant, et passant. Dans la perspective du lâcher-prise, une personne peut prendre conscience à la fois de ses  tendances d'évaluation les plus directes, à savoir , survenant fréquemment et puissamment , mais aussi des options d'évaluation alternatives. A partir de l'attention à des  options multiples, la souplesse de choix peut être directement expérimentée, permettant ainsi des évaluations et des actions dans le temps potentiellement plus adaptées et créatives. A titre d'exemple , une personne dans une situation de parole stressante en public peut utiliser son attention consciente à remarquer sa réponse physiologique élevée. De cette perspective, les évaluations de la menace d'une incompétence peuvent rapidement se produire , mais avec une attention soutenue envers la perception sensorielle , de telles évaluations peuvent également passer, entrecoupées de faible , et moins fréquentes évaluations de risque de défaillance, le soutien des proches, et le sentiments de détermination . Avec cet plus grande tableau des évaluations devant elle, le locuteur peut choisir d'évaluer son excitation comme un défi surmontable plutôt qu'une menace imminente qui exige le retrait de la situation . C'est à travers ce processus formant la perspicacité, qu'une attention intéroceptive peut à la longue amener l'engagement au-delà des évaluations habituelles, pour promouvoir des expériences de perspicacité et de choix.
Avec la pratique, les répétitions d'attention pondérée vers l'inférence perceptive peut permettre à un individu de se déconditionner de façon permanente, et éventuellement remplacer les évaluations des facteurs de stress environnementaux comme menace par une exploration de ces facteurs de stress , les considérant comme des défis à explorer, une distinction avec des conséquences importantes pour réduire le stress physiologique. (Tomaka   et   al.,   1993). Au fil du temps , ce processus de surmonter l'évaluation dysphorique ou catastrophique habituelle,  en faveur d'une carte de simulation moins rigidement déterminée, peut entraîner des trajectoires positives pour la transformation , spiralant vers le haut en faveur du bien-être. (Garland et al., 2010, 2011).
Un exemple de pondération sensorielle précise adaptée au cours de la la pleine attention peut être trouvé dans l'étude de la perception de la douleur. La perception de la douleur  est conçue à la fois avec une composante sensorielle , représentant l'intensité et l'emplacement du signal intéroceptif, et une composante affective , représentant la pertinence motivante  du signal en terme d'agréable ou désagréable.(Melzack,  1975), une distinction traduite par la recherche en neuro-imagerie. (Tölle et al., 1999). Dans une étude récente (Farb et al., 2013), la pleine attention consciente chez des  méditants expérimentés a été associée à une attention accrue des signaux de bas en haut comme reflété dans l'augmentation de l' activation de l'insula postérieure, une région primaire de représentation intéroceptive (Craig, 2002; Farb et al., 2012b), mais a diminué les processus de haut en bas comme reflète une diminution de l'activité corticale préfrontale latérale , une région impliquée dans l'évaluation cognitive  (Ochsneret al., 2004). Ces modifications neurales sont liées à un changement dans l'expérience de la douleur , tels que la douleur a été perçue comme tout aussi intense mais moins désagréable lors d'un état de pleine attention. En l'absence de jugement cognitif,  la cognition peut être libre d'envisager d'autres interprétations des états sensoriels . Du point de vue de la régulation , cette liberté permet à un individu d'explorer différentes formes d'inférence active, et peut-être même révèlent que la régulation active de signaux intéroceptifs n'est plus nécessaire.

La Perspicacité Améliorée
Alors que l'inférence perceptive , par définition , empêche l'élaboration cognitive immédiate sur les sensations, dans le long terme , un plus grand corpus d'informations intéroceptive fournit un ensemble plus riche de données permettant d'enquêter sur les sources habituelles des perturbations intéroceptive , afin d'identifier la relation entre l'expérience somatique intérieure  et l'expérience cognitive , et les réponses internes aux événements extérieurs et aux stimuli . Cette prise de conscience métacognitive peut conduire à la perspicacité, la reconnaissance de la façon dont les événements, les émotions, les pensées , et sensations corporelles se rapportent les uns aux autres.  (Lavie et al., 2003; Sze et al., 2010) Par exemple, des études récentes sur la possession du corps [body ownership] montrent que le sentiment de « son propre corps » peut être manipulé expérimentalement par induction rétroactive visuelle et tactile  (Ainley et al., 2013; Suzuki et al., 2013) mais ceux qui ont une plus grande précision intéroceptive (p.e. évaluée par détection du rythme cardiaque ) sont moins sensibles à des illusions de propriété du corps.(Tsakiris  et  al.,  2011). Cette « illusion de main en caoutchouc" est un bon exemple de l'attention principalement tournée vers les aprioris de l'interprétation de l'entrée visuelle plutôt que vers vers les erreurs de prédiction découlant des signaux intéroceptifs afférents de la main. Pour que la perspicacité émerge, il n'est pas nécessaire d'avoir une précision parfaite dans cette représentation de signal intéroceptif ; cependant, la perspicacité pourrait émerger comme un processus de pondération avantageant les EP sensorielles plutôt que les apriori, ce qui conduit à une simulation plus fidèle de l'état du corps.
En théorie , les pratiques contemplatives pourraient même réduire des fausses conclusions sur les relations entre notre corps le monde.  Comme les signaux intéroceptifs informent l'expérience émotionnelle , la pratique contemplative peut favoriser un cycle de prise de conscience de la contingence entre déclencheurs environnementaux , réponses corporelles , évaluations cognitives , et les expériences émotionnelles. Cette connaissance pouvant alors ensuite être mis à profit pour réguler la cognition et le comportement au service du bien-être émotionnel . Nous soutenons que ce processus se produit de façon optimale lorsque l'intéroception est considérée comme fondamentale pour l' expérience émotionnelle , et qu'ainsi l'attention intéroceptive devient un base pour s'engager dans le traitement des émotions , la sensibilisation , et la régulation de l'escalade rapide des réponses émotionnelles au stress. Par exemple , dans une étude pour le traitement des troubles de femmes dans l'utilisation de substances [médicaments, stupéfiants] , celles qui ont été entraînées à la sensibilisation intéroceptive  et aux compétences associées pour l'auto-soin,  ont perçu une telle attention intéroceptive comme facilitant leur capacité d'identifier, d'accepter et de traiter leurs émotions , facteurs-clés de régulation qu'elles liaient à la réussite de prévention de la rechute dans l'utilisation de substance (Price et al., 2012a). Grâce à ces cycles introspectifs , la perspicacité est favorisée ce qui modifie radicalement l'inférence des signaux intéroceptifs , vers l'inférence perceptive plutôt qu'active , explorant les facteurs en cause plutôt que d'exiger une inférence immédiate et une réponse à la cause intéroceptive. En dépit de ces revendications attrayantes , d'autres recherches sont nécessaires pour étayer l'idée que la pratique de la pleine attention permet de modifier la mesure dans laquelle des signaux intéroceptifs spécifiques sont pris en charge et sont reçus avec une granularité fine, dans la vie quotidienne.

La Présence et l'Aptitude Améliorées
Si le lien entre l'inférence perceptive et la perspicacité peut être empiriquement validée, il y a beaucoup de bénéfices secondaires qui peuvent en découler. Par exemple , la capacité de la pleine attention à restreindre les tendances réactives habituelles peut améliorer le sens de la présence et de l'aptitude, et en effet l’entraînement de l'attention a été associé à un contrôle moteur accru  pendant  des conflits perceptuel-moteurs. (Teper and Inzlicht, 2013). L'amélioration de l'intégration perceptuelle-motrice, reflétant une aptitude accrue, peut avoir un impact sur les auto- représentations relatives à une capacité à contrôler l'environnement , ce qui peut avoir des conséquences importantes pour le sentiment de bien-être. Au minimum, la pondération accrue des signaux intéroceptifs peut augmenter la précision intéroceptive , faisant diminuer l'impact des simulations dysfonctionnelles et des auto-représentations sur la cognition et le comportement , comme précédemment proposé (Farb  et  al.,  2012a). Par exemple , la dépression est caractérisé par des signes externes de contrôle, d'impuissance apprise , et une faible estime de l'auto-efficacité , et certaines de ces données suggèrent que les gens déprimés ont moins bonne précision intéroceptive (Ehlers and Breuer, 1992; Pessoa and Ungerleider, 2004; Dunn et al., 2007; Pollatos et al., 2009), tandis que l'entraînement à la pleine attention semble renforcer l'auto-efficacité  (Chang  et  al.,  2004). En outre , l'entraînement à la pleine attention a été associée à un retour à la normale des  schémas de la démarche de personnes déprimées , suggérant des changements simultanés dans les réponses proprioceptives et émotionnelles (Michalak  et  al.,
2011) La Présence et l'aptitude semblent importer pour l'autorégulation physiologique  : l' illusion de la main en caoutchouc , dans lequel l'illusion visuelle-tactile diminue le sentiment de propriété du bras , aboutit à la diminution de la porosité de la peau  et de la température,  (Moseley et al., 2008) et augmente la libération de l'hormone de stress dans ce bras (Barnsley et al.,  2011), sans fournir un soulagement de la douleur en rapport dans ce bras (Mohan et al., 2012). Ces constatations suggèrent qu'une stratégie pour minimiser les EP intéroceptifs par la substitution d' entrées intéroceptives avec des entrées extéroceptives conduit à des changements physiologiques dysfonctionnels , et , dans le long terme , malsains,  dans la région corporelle concernée . Inversement , nous pourrions émettre l'hypothèse que la réduction de PE, par une augmentation la précision sensorielle de pondération intéroceptive sur les aprioris, peut créer un sentiment de présence incarnée, et est en mesure d' inverser de tels changements physiologiques dysfonctionnels.
        Au fil du temps , un sentiment accru de présence et d'aptitude commencera également à renforcer les niveaux supérieurs d'auto- représentations tel que l'amour propre. Grâce à ce processus , une personne peut développer plus de confiance dans son engagement avec l'inférence intéroceptive , qui peut à son tour renforcer le cycle exploratoire entre l'inférence perceptive et active, favorisant à nouveau le bien -être.(Garland et al., 2010, 2011). Il reste à tester si une attention intéroceptive accrue peut produire des effets  différentiels cognitivo- émotionnel - physiologique lorsqu'elle est placée dans différentes parties du corps, et les théories contemplative  peuvent guider la formulation de ces hypothèses . La recherche future pourrait examiner dans quelle mesure les pratiques contemplatives renforcent le sentiment de la présence ou de l'aptitude, qui pourrait expliquer l'amélioration de l'auto- efficacité, et les aspects de la santé mentale liés.
 En particulier, les pratiques du mouvement tels que le yoga et le taï-chi peuvent plus facilement promouvoir un sentiment  accru de l'aptitude. La possibilité d'y explorer des signaux sensori-moteurs dans des mouvements au ralenti et contrôlés est évidente.

Des Expériences Positives Intensifiées
Une autre conséquence en aval du renforcement de la capacité intéroceptive peut être la faculté à s'engager et apprécier les sensations agréables . Dans le cas d' interventions avec l'alimentation en conscience , par exemple, les pratiques impliquent d'apporter une plus grande attention dans le plaisir de voir , de sentir, de goûter , et de manger des aliments au goût agréables  et en remarquant lorsque la satisfaction diminue, et lorsque les mécanismes de satiété  avec un goût spécifique apparaissent. (Kristeller and Wolever, 2010;  Daubenmier  et  al.,  2011). En effet, beaucoup d'entraînements de l'attention comprennent un exercice où l'on goûte du raisin   (Kabat-Zinn,  1990), dans lequel un accroissement de la pondération sensorielle précise est encouragé, pour décentrer les interprétations habituelles de l'acte de consommation , remplacé par le recentrage sur des aspects positifs inattendus de l'expérience . La possibilité d'entrer dans de tels états sensoriels et et d'apprécier les sensations positives est important , parce que les réponse du cerveau, dans les régions de récompense du à la consommation d'aliments agréables au goût ( milkshakes...) sont réduites, étant associées avec une augmentation de poids non désirée (Stice et al., 2010). Une telle activation réduite peut rendre compte de l'expérience subjective de «chasser le goût » dans une consommation continuelle. Il reste à déterminer si une sensibilisation accrue au goût agréable, d'aliments savoureux augmente l'activation de récompense et, finalement, réduit la consommation d' aliments, en particulier parmi ceux qui sont facteurs de surpoids. De même, les interventions basées sur la pleine attention pendant la récupération de la toxicomanie semblent augmenter la réactivité intéroceptive aux récompense naturelles,  tout en diminuant la réactivité aux indices de drogue, un effet corrélé avec des réductions dans l'état de manque.(Garland et al., 2014).  Alors que l'attention intéroceptive s'élargit jusqu'à permettre des réactions à des indices moins conditionnés , il semble que peut alors s'ensuivre une libération des cycles inadaptés d'avidité.  (Khanna and Greeson, 2013). En outre , les comptes rendus classiques d'entraînement à la pleine attention  suggèrent que l'exploration continue de l'expérience , y compris le conditionnement intéroceptif , peut elle-même conduire à des sentiments de joie et de ravissement (Brewer et al., 2013); l' importance de tels sentiments est rendue concrète en considérant l'influence de la pleine attention sur ceux-ci, et d'autres troubles cliniques.
Effets sur l'Incorporation

Enfin, il est important de noter que, parce que la pratique de pleine attention elle-même a lieu dans un contexte incarné , l'engagement dans les processus intéroceptifs peut promouvoir davantage d'effets physiologiques. Un exemple commun à toutes les traditions bouddhistes est l'importance de la position assise à cultiver la stabilité attentionnelle et l'équilibre émotionnel. Comme indiqué traditionnellement dans la tradition bouddhiste tibétaine  : « Quand le corps est droit [straight, rectitude], les canaux sont en ordre , lorsque les canaux sont en ordre , les énergies sont en ordre , lorsque les énergies sont en ordre l'esprit est ordonné " (Rinpoche,  1998). Une posture assise droite est considérée comme influençant la circulation de l'énergie à travers les canaux et de ce fait améliorant l' efficacité de la pratique de la méditation . On pourrait faire l'hypothèse que de simplement s'asseoir dans cette posture sans s'engager dans une pratique méditative peut avoir des effets bénéfiques. Les postures droites sont associées à des résultats physiologiques améliorés chez les patients hospitalisés (Convertino, 2003). Et en effet , s'asseoir dans une posture droite sans réellement se livrer à la pratique de la méditation , visant un « simulacre de méditation, " est associée à un ralentissement de fréquence respiratoire qui prédit une estimation de diminution des désagréments de la douleur. (Zeidan et al., 2010b).  Un autre exemple est la méditation de pleine attention associée à une diminution de la variabilité de la fréquence cardiaque. (HRV;  Ditto  et al., 2006), en particulier dans la bande des hautes fréquences , un indicateur de l'activation parasympathique (Wu and Lo,2008; Krygier et al., 2013). Un plus grand repos de HRV est associé à une foule de bénéfices cognitifs; y compris une attention plus soutenue , la mémoire de travail , et le contrôle réponse-moteur  (Thayeret al., 2009). Ainsi, lorsque la pratique de la pleine attention  se déploie , l'attention consciente influence les systèmes physiologiques, qui en retour influencer les processus cognitifs dans une auto-renforcement cyclique. En d'autres termes , le procédé de prêter attention aux sensations intéroceptives donne le temps pour les processus autonomes de restaurer l'homéostasie , au lieu de perpétuelles habitudes inefficace ou inadaptés, qui dépendent de l’intervention du comportement manifeste. L'attention à l'homéostasie peut générer des sentiments de calme , de paix , et de la satisfaction , une plus grande connexion à d'autres, et un désir diminué de rechercher des stimuli de récompense externes qui suivent un programme hédoniste. Contrairement aux récompenses externes, la récompense des prédictions affinées de la perception peut être continuelle. Toutefois , cela ne veut pas dire que la méditation de pleine attention prédispose aux états d'observation passive , mais un tel entraînement peut augmenter la capacité de répondre de manière plus adaptée aux défis de l'environnement et de revenir à l'homéostasie plus rapidement.

Pris dans leur ensemble , la conséquence des pratiques contemplatives intéroceptives  est le découplage de l'arc hédoniste des réponse aux stimulus, à savoir , une plus grande capacité à ne pas répondre automatiquement au désagrément avec l'évitement aversif, et au plaisir avec l'inclination avide. Cette relative libération des habitudes intéroceptives d'évaluation qui animent le comportement peut optimiser l'homéostasie ce qui devient un processus d'auto-renforcement . Ainsi , ce modèle peut servir comme hypothèse de travail pour les mécanismes de l'action soulignant comment les changements dans l'attention intéroceptive résultant de la pratique contemplative peuvent améliorer la santé et le bien-être, y compris les troubles dissociatifs ,
la douleur et l'addiction. Des recherches sont nécessaires pour mieux comprendre quelles variations différentielle dans dans les focalisations particulières de l'attention intéroceptive
 provoquent ensuite certains effets salutaires.
Mise en garde sur la primauté du Processus Intéroceptif
Certes , il semble peu probable que l'entraînement contemplatif peut ou devrait avoir pour but d'engendrer une sensibilité continuelle et totale de la panoplie de sensations intéroceptives présentes à chaque instant. Au lieu de cela , l'attention habile à la sensation intéroceptive peut améliorer autorégulation (Bornemann et al., 2014), permettant à un individu d'agir de façon à se rapprocher de son état homéostatique optimal. Nous avons fait valoir qu'une attention intéroceptive accrue représente une façon de revenir à l'«être»,  dans un monde qui donne la priorité au «faire », rétablissant l'équilibre entre les deux. Cet équilibre peut alors servir à favoriser une souplesse dans la régulation, avec l'idéal d'apporter un « flux » dans l'expérience , l'alignement de l'être avec le faire en vivant une vie riche de sens et satisfaisante . Il se peut que l'une des raisons pour laquelle la focalisation sur le corps a un tel potentiel positif, est que la rumination mentale, déjà montrée en grande partie comme un facteur négatif dans l'expérience , se fait dans l'ensemble, en déplaçant l'attention sur le passé ou le le futur (Killingsworth and Gilbert, 2010). En revanche , le corps est toujours dans le présent. Être attentif au corps ancre donc l'esprit dans le présent, loin de la rumination . Certes , il existe d'autres formes de focalisations centrées sur le présent qui peuvent distraire de la rumination, tel que regarder la télévision , et la littérature de recherche comprends de nombreux bénéfices de régulation à court-terme et de stratégies de distraction.  (Sheppesand Meiran, 2007; Denson et al., 2012).  Cependant , la distraction peut conduire à un ultérieur «   effet rebond » lorsqu'une personne est confrontée à un facteur de stress non résolu lié à des  conditions, dans lesquelles ce facteur de stress était directement impliqué.  (Thiruchselvam et al., 2011). Alors que plus de recherches sont nécessaires pour bien distinguer les effets des stratégies de régulation basées sur  l'attention , tels que l'attention et la distraction consciente, une prise en considération habile du facteur de stress lui-même peut être la stratégie la plus adaptée (Kross and Ayduk, 2008), et dans tous les cas une amélioration par rapport à la rumination. 
Le chemin à parcourir
Autres éléments des approches contemplatives de l'intéroception
Un dialogue en continu avec les représentants des pratiques contemplatives traditionnelles devrait pouvoir explorer davantage comment elles parviennent à comprendre et moduler l'écoulement des sensations à travers le corps pour améliorer la santé et la guérison . D'après de nombreuses perspectives contemplatives et médicales des pays d'Asie, les perturbations ou les blocages dans le« flux » des sensations du lung / Qi / Prâna sont liés à la maladie , et la libre circulation du Qi est liée à la santé , ainsi qu'à la perspicacité , la bonté de cœur , et d'autres qualités positives , qui sont des principes de la littérature médicale tibétaine. (Loizzo et al., 2009). Leur compréhension du corps est non seulement une question d'attention intéroceptive; c'est plus explicitement une voie pour explorer et réviser profondément la conscience de soi , l'aptitude , et   la substantialité qui porte sur  pratiquement toutes les activités dans la vie. Les apports de ces questions , et leur potentielle significations résultant sur la santé mentale et physique pourraient être une entreprise fructueuse pour la recherche future.
Dans ces traditions asiatiques , l'intérieur du corps , l'abdomen profond, ou le cœur , ou les profondeurs de la tête , sont des zones importantes pour concentrer l'esprit . Le réseau des canaux et les " chevaux de vent " se déplaçant à travers eux  illustrent  l'intériorité du corps tel qu'il est décrit en Asie ou selon les perspectives traditionnelle (bouddhistes et autres). Nous voyons aussi que la variation du lieu de focalisation de attention , par exemple déplacer son attention du souffle au son, ou vers une zone particulière du corps , peut produire des résultats différents .
Les traditions contemplatives peuvent avoir une pertinence théoriques sur comment le placement de l'attention dans certaines parties du corps affecte les réponses cognitives , émotionnelles, et perceptives. Les pratiques peuvent varier, selon que le corps est seul ou en groupe, avec ou sans contact visuel direct , si la portée de attention comprend d'autres personnes, selon que l'on se trouve dans le silence ou qu'on effectue mouvement , que l'on assiste à son ou qu'on se concentre sur d'autres stimuli sensoriels . Il y a également des variations dans le type de cadre intentionnel et cognitif entourant la pratique . Comment ces variations dans l'entraînement intéroceptif  peuvent influence les processus cognitifs , les processus émotionnels et comportementaux, cela pourrait être testé dans la recherche empirique.
Bien que l'accent de cette discussion a été en grande partie sur l'utilisation de pratiques contemplatives en général, et notamment la pleine attention, pour accroître la sensibilité des processus intéroceptifs comme moyens de renforcer l'autorégulation , d'autres pratiques , comme celles trouvé dans la tradition bouddhiste tibétaine , impliquent l'utilisation de la sensibilité intéroceptive , parfois en combinaison avec l'imagerie mentale ou des manipulations somatiques , pour moduler intentionnellement le « flux » de sensations à travers les canaux . Surtout, ces pratiques ont lieu au sein de philosophies et de valeurs éthiques spécifiques, telle que la croyance la que la nature du soi  et de toute existence est impermanente et interdépendante.
Dans une perspective d'intégration esprit - corps, dans laquelle les « courants circulant à travers le corps » sont conçus comme le support énergétique de la conscience , de telles pratiques " axées sur le corps » peuvent être un moyen direct d' influencer le fonctionnement psychologique et d'obtenir les états méditatifs de réalisation. Un exemple est la pratique de Tummo , qui a été étudié par des scientifiques montrant une augmentation spectaculaire de la température corporelle  (Kozhevnikov et  al.,  2013). Alors que les résultats physiologiques à court terme de cette pratique ont été étudiés pendant des années  (Benson  et  al., 1982), une plus grande attention pourrait être consacré à la compréhension des théories traditionnelles sur  la façon dont ces pratiques fonctionnent, et comment la modulation consciente de sensations intéroceptives , en particulier lorsqu'elle est soutenue par un accompagnement intentionnel d'imagination corporelle, peut avoir un impact sur le fonctionnement physiologique et psychologique, en général  en développant un contrôle autonome des processus physiologiques. Également intéressant à cet égard serait un examen des changements dans les « flux énergétique » et les sensations liées qui accompagnent la cultivation de l'amour ou de la compassion , ou l'utilisation de sons simples, et leur impact sur l'esprit et le corps. Les descriptions en première personne peuvent être utiles ici aussi , car ils décriront généralement à la fois les réponses physiques et mentales de tels entraînements.
Instructions pour des Recherches Futures
Bien que nous ayons beaucoup à tirer des riches traditions contemplatives, ainsi que de nouvelles approches de améliorant la sensibilité intéroceptive et des théories émergentes à partir de la psychologie , nous sommes confrontés une pénurie d'outils, de paradigmes , et de mesures appropriées pour les interroger avec rigueur et les intégrer . Avec ce défi à l'esprit , nous proposons les rubriques suivantes pour de plus amples recherches à partir de nos considérations :
(1) Des exploration qualitatives des pratiques axées sur des corps issues des traditions contemplatives, et une plus grande compréhension de modèles corporels médicaux et contemplatifs d'Asie (et éventuellement d'autres aires), qui impliquer des  « flux » de « courants énergétiques » à travers le corps.

(2) Un affinement supplémentaire des concepts scientifiques de la pleine attention, y compris l'exploration des comptes rendus en première personne , pour voir comment ceux-ci correspondent au cadre conceptuel de sensibilité intéroceptive proposé ici . En parallèle, nous devons continuer à explorer des textes les pratiques des traditions contemplatives dans de nouvelles perspectives , et approfondir notre compréhension des systèmes déjà assimilés dans les modèles scientifiques de l'intéroception.

(3) Développer et/ou affiner les mesures quantitative appropriées , objectives et auto-évaluées, aptes  à cerner les changements cognitifs , comportementaux et physiologiques qui se produisent
avec un entraînement de la sensibilité intéroceptive, aller au-delà des mesures de l'exactitude intéroceptive pour inclure les habitudes de l'attention, la sensibilité aux signaux intéroceptifs , la cohérence des changements physiologiques et subjectifs , et les stratégies de régulation.

(4) Développer des modèles de recherche qui intègrent les perspectives en première , deuxième et troisième personne, comme le neurofeedback , dans lequel une mesures objective de changement neuronal physiologique en Troisième personne fournit  un rapport en Deuxième personne au participant en temps réel , ce qui pourrait moduler la qualité de l'expérience en Première personne pendant l'attention intéroceptive   (Lutz and Thompson, 2003).
(5) Trouver des moyens appropriés pour mettre en œuvre des interventions comportementales représentant l'attention intéroceptive, par exemple , la respiration. 
(6) Définir des critères clairs à propos de : Quand , et Sous quelles conditions la sensibilité intéroceptive est bénéfique dans le traitement des patients dans des conditions psychiatriques , psychosomatique et états douloureux.

(7) Utiliser des outils de la neuroscience et de la technique pour suivre le processus / flux d'informations intéroceptive à travers le cerveau , par exemple , par des oscillations EEG ou par  IRMf avec des modulations de haut le bas (top down) . Par exemple , la culture intéroceptive
devrait être évidente en termes d'augmentation de correspondance entre les potentiels EEG de rétroaction évoqués et des changement physiologique ultérieurs. A l'inverse la manipulation de
signaux intéroceptifs tels que l'occlusion respiratoire suite à une une intéroception renforcée devrait provoquer potentiels évoqués plus forts et plus fiables.

(8) Développer des études sur la durée, appliquant l'entraînement de la sensibilité intéroceptive aux patients dans des  conditions cliniques.

(9) Envisager de tester les effets de l'entraînement de la pleine attention et d'autres
pratiques contemplatives sur les mesures existantes de présence et d'aptitude ( illusion de la main en caoutchouc , expériences d'environnement virtuel ) pour voir si elles rendent compte d'une amélioration des résultats de santé.

En améliorant la mesure de intéroception aux niveaux subjectifs et physiologiques , et en cherchant à mieux comprendre la cohérence (et son absence) entre ces niveaux de représentation , il peut être possible d'élargir notre compréhension de l'intéroception et sa connexion aux motivations et au bien-être . En outre, ces paradigmes aideront à tester les propriétés de base du traitement de l'information dans le cerveau , d'enquêter sur la façon dont nous pouvons à la fois prévoir et nous adapter à l'évolution des stimuli sensoriels , et comment de tels stimulis sont incorporés dans un contexte plus large de motivation.

Remarques Conclusives

L'intéroception a été à bien des égards un sens caché , peut-être en raison des difficultés liées à la mesure et la manipulation des signaux intéroceptifs . Et pourtant , l'intéroception est sans doute au moins aussi importante que les sens externes , procurant un sentiment de réalisation dans le monde qui est à la base du sentiment de bien-être subjectif d'une personne . Les cadres scientifiques contemporains manquent largement de capacité  pour articuler les modèles contemplatifs  sur  la façon dont l'énergie dans le corps aide à déterminer le bien-être , mais , des concepts tels que la carte  de simulation offrent  une voie pour combler ce fossé culturel . En effet , l'idée d'énergie ou prâna pourraient un jour être exprimés sous forme de la répartition des ressources métabolique et cognitives offrant une représentation neuronale des états corporels.  Alors que les facteurs génétiques , sociaux et environnementaux ont clairement un grand impact sur la qualité de vie d'une personne , notre but en écrivant cet article est de mettre en lumière le processus par lequel la santé et la souffrance nous sont révélées dans l'instant, dans l'espoir de fournir un compte rendu psychologique plus intégré.

    Heureusement , l'intérêt pour l'intéroception semble être grandissant , et ses chercheurs ont le privilège d' avoir accès à une grande réserve de modèles conceptuels issus des neurosciences , de la clinique et des traditions de recherche contemplative. Le défi dans  ce domaine sera de porter une attention particulière aux prétentions formulées dans chacune de ces traditions , pour mieux caractériser leurs prédictions , et, ce faisant, afin de faire avancer plus encore la science intéroceptive laïque moderne, tout en respectant la validité de tous ces points de vue . 

Alors que peut-être aucun chercheur isolé ne pourra détenir une expertise suffisante dans tous ces domaines , grâce à la collaboration, une telle intégration est possible- nous espérons que le présent document et d'autres articles contenus dans le numéro spécial,  est un témoignage de cet objectif  élevé, mais réalisable.  Notre espoir étant que nous puissions tous profiter de l'étude continue de l'intéroception , en parallèle des progrès la science moderne déjà réalisés dans la compréhension du monde extérieur.
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Remerciements

Nous sommes très reconnaissants aux relecteurs et leurs discussions intense sur de nombreux détails qui  ont clairement renforcé ce manuscrit . Le projet a été financé par des subventions de soutien du Mind and Life Institute, d' Amherst MN , et par la Fondation Peter Baumann , San Francisco CA. Nous tenons également à remercier Claire Mehling pour son aide administrative lors de notre première rencontre et le Mind and Life Institute avec Wendy Hasenkamp pour fournir l'espace de réunion.




Traduction Florian JOURNOT - fluxdevie.net

Edited by:Juha Silvanto,University of Westminster, UKReviewed by:Vivien Ainley,Royal Holloway University of London,UK

André Schulz,University of Luxembourg,Luxembourg*Correspondence:Norman Farb,Department of Psychology, Universityof Toronto Mississauga,3359 Mississauga Road,Mississauga,ON L5L 1C6, Canadanorman.farb@utoronto.ca;Wolf E. Mehling,Department of Family and CommunityMedicine, Osher Center for IntegrativeMedicine, University of California SanFrancisco, 1545 Divisadero Street,San Francisco, CA 94115, USAwolf.mehling@ucsf.eduSpecialty section:

This article was submitted toConsciousness Research,a section of the journalFrontiers in PsychologyReceived: 05 November 2014

Accepted: 22 May 2015Published: 09 June 2015Citation:Farb N, Daubenmier J, Price CJ,Gard T, Kerr C, Dunn BD, Klein AC,Paulus MP and Mehling WE (2015)intéroception, contemplative practice,and health. Front. Psychol

































 
















































 

















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Temps physique et persistance du vivant

De la persistance des formes

Plus j’essaie de penser le le temps, moins je sais ce dont il s’agit.”

Une temporalité bien comprise reste à établir pour toute ontologie. Il est difficile d’envisager l’existence même d’une chose Une ou Unique qui soit “Le Temps”, car outre le fait que les choses existent à partir d’un certain mode dont le temps est une donnée première, voire de plusieurs modes temporels, il semble que poser une unité de la temporalité elle-même, au delà de ses éventuelles formes revient à théoriser et conceptualiser le temps, et non vraiment alors penser, pénétrer et comprendre ce dont il s’agit lorsque intervient la notion de temps. Mais pour ne pas alourdir le discours, on gardera (de temps en temps ) le mot Temps au singulier.

Peut être est-ce même surtout là où l’usage du temps est crucial, mesuré et entendu comme fondamental, qu’une carence dans sa compréhension est le plus visible.

L’être de quoi que ce soit, suspendu à son apparition pour manifester des relations, rend compte de ses formes à travers les espaces et dimensions évaluables, et de son existence à travers les temporalités qui nous parviennent.

En ce sens, espace et temps ont été proposées comme des “catégories à priori de l’entendement”, mais au XXe siècle, la notion a été revisitée par divers penseurs, logiciens ou linguistes. Il n’a pas été montré pour autant qu’une éventuelle “catégorie à priori” soit justement une unité, ni si la temporalité est fondamentale. S’il devient de plus en plus évident que des dimensions qualitativement distinctes peuvent être comprises comme des modes spatiaux variés, il est tout aussi bien possible de comprendre ques des modes variés de temporalité constituent notre appréhension de l’existence des choses. Certains modes temporels semblent prendre la qualité d’espaces lorsqu’on y trouve des symétries pensées au départ comme spatiales, et, nous verrons que certains espaces sont de même dotés de qualités associées au départ à la notion de temps, tels qu’une flèche, et qu’une asymétrie interne. Par exemple en physique, la symétrie CPT associe étroitement Charge, Parité et Temps, laissant entendre ce type de similarité, et le passage d’un état quantique cohérent à un état de décohérence est parfois évoqué comme un marqueur temporel important pour caractériser le mode d’existence physique, l’état du système.

La physique relativiste prétend parfois avoir caractérisé un continuum “espace-temps”. Mais c’est un peu plus complexe. Outre le fait que toute physique caractérise la “durée” comme dimension temporelle, dans un référentiel à travers une mesure unitaire , et les “distances” comme relations spatiales à travers des mesures dans un référentiel, elle caractérise aussi la Masse, L’Intensité (renvoyant à la charge), et l’Energie, et ainsi des relations multiples entre elles, souvent formulées comme des Forces, ou des Champs.

On constate simplement que la physique classique ne rend compte pas que d’une relation entre des mesures temporelles et spatiales, à partir d’un système de référence “vide”, mais rend compte d’une géométrie plus variée, (dont les dimensions sont à minima Masse, Longueur, Temps, Intensité) , qui est défini non pas “dans” un système spatio-temporel” comme système de coordonnées et origine, mais plutôt “comme” un système énergéométrico-temporel. Le contenu et le contenant semblent donc bien se fondre les uns dans les autres, et ce sont le “Forces” elles-même qui sont plutôt le “fond” sur lequel des “formes” viennent circuler.

Or, si le fait de placer un point d’origine dans l’espace “vide” ne semble guère poser de question, placer ce point dans une temporalité déjà occupée par des rapports de forces est une affaire bien différente. Cela consiste généralement à doter le système d’une relation asymétrique entre son passé, et son avenir, c’est à dire à le doter d’une sorte “d’expérience acquise” et de “possibilités latentes”, ce qui s’exprime généralement dans des rapports entre énergie totale, cinétique et potentielle, dans diverses formulations (Lagrangiens et Hamiltoniens). On remarque que sur le plan de notre expérience, le présent est bien cette rencontre entre le passé acquis, et le futur “potentiel”, et peut être d’autres choses sur lesquelles nous reviendront en sortant de ce détour “mécanique” de la physique classique.

Ce qui fait figure “d’expérience” du système en physique, est inclu dans l’ensemble des rapports des forces en présence, tel serait l’instant T du présent : une géométrie des forces où le possible rencontre l’effectif. Le fait que l’Energie soit traduisible en terme de “Masse” ou de “Fréquence”, mais que la mutation effective et manifeste de telles qualités d’énergie soit une possibilité et non un état de fait constant, nous renvoie au fait que le présent est le filtre à travers lequel circule l’énergie : il garde du potentiel non-transformé, et il en transforme une partie. Le fameux second principe de thermodynamique, renvoie à la difficulté de régénérer le “potentiel” d’énergie qui tend à se convertir en énergie cinétique et en rayonnement diffus : c’est l’augmentation de l’entropie d’un système, considéré comme flèche du temps en physique (et qui n’est pas contredit globalement par la “néguentropie”, phénomène local qui accroit l’entropie global et ne survient que par une astucieuse façon de l’énergie à préserver un contexte “informationellement actif dans la matière” : le vivant).

On n’est donc ni dans une définition de “l’espace”, ni du “temps”, mais toujours d’une relation “expériencielle” et située dans un système. Contrairement à ce qui a été dit, ce n’est donc pas la physique quantique qui inaugure l’ère d’une “subjectivité” inscrite de façon “temporelle” dans la nature même des forces fondamentale, mais la mécanique classique. Le fait est néamoins que le “système” physique classique est un modèle mécaniste qui néglige des niveaux plus profond du cosmos : entre autres, la relativité, qui étend d’une certaine manière la “subjectivité” , l’information, qui peut aussi se dire l’historicité, et la cohérence, la manifestation du “hasard absolu”, qui se dit principe d’incertitude. Les sciences physique post-classiques apporteront certains compléments, mais la route semble longue pour que la physique devienne l’ultime système de compréhension des phénomènes.

Au moins, la physique répond à la philosophie classique quelque chose de notable : espace et temps, du moins en tant que dimension observable, ont un lien systémique qui dépasse largement ce qui est perçu actuellement encore comme le “fond cosmique” qui serait une sorte de scène où interviennent des choses. La philosophie classique, avec « l’entendement », ou « l’intelligible », et la notion même de « catégorie » semble alors de nos jours tout à fait incapable d’énoncer la nature ou le “quid est” de l’espace et du temps, et semble dépourvue de moyens pour penser vraiment les notions de potentiel et de force. Mais l’usage d’unité de mesure classique ne pouvait non plus rendre compte du principe d’unité à l’œuvre dans cette imbrication du système physique, encore moins comprenait-elle la notion de cohérence puisque celle-ci émerge lorsque l’expérience même est considérée comme réalité consistante et non les observables prises séparément. Est-ce que la “drôle de science” quantique, avec ses “nombres” et “espaces algébriques” variés, peut mieux rendre compte de la temporalité et de l’expérience qui étaient ainsi esquissées de façon “simplistes” par la science classique ? Certainement comme on le verra, à travers un éclaircissement de la notion d’unité (constantes fondamentales), mais peut être encore pas assez suffisamment. Car lorsque ce qui devient “constant” a la dimension d’une vitesse (tel que c la vitesse de la lumière) ou d’une action (h constante de Planck), la “fondamentalité” du repère intuitif de l’espace-temps est soudain questionnée.

En philosophie, on aime bien délimiter l’étendue d’un concept par l’étendue de sa négation, et ses domaines de validité en le confrontant à d’autres. Peut-on avec celà mieux comprendre ce qui distingue fondamentalement la dimension, l’espace, le temps ?

La négation d’une dimension est-elle la nullité des relations qu’elle permet ou bien la limitation intrinsèque de leur étendue ? les deux semblent liées. Supprimer une dimension conduit à confondre ce qui peut rester distinct et perdre la perspective offerte par les relations entre cette dimension et toutes les autres. Or ceci n’est pas seulement valable pour l’espace, mais n’importe quelle dimension d’un système.

On ne peut pas dire “ la négation du temps passé (mouvement acquis = cinétique) ou plutôt du futur (la possibilité ultérieure = potentiel), les deux étant liés dans une même configuration.

La mathématique, offrant des formules minimales et opératoires, ne parvient pas à donner une consistance unique ou universelle à la spatialité, errant parmi des infinis hétérogènes ou fortement scindés par des brisures de symétrie.

Elle ne peut non plus offrir une clé unique de l’effectuation temporelle, qui se dérobe derrière les multiples modes de l’opération, singulièrement implantés dans les structures elles-mêmes. Comme on le verra, d’un certain point de vue la structure et l’opération sont une seule et même chose : la conversion intentionnelle présente d’un prérequis, en résultats possibles ou effectifs selon l’orientation de la structure. Le dispositif de calcul et la configuration d’un système semblent toujours les faces d’une même chose. Le rêve d’une vision non-duelle à ce niveau correspond d’assez près à la synthèse tant souhaitée en mathématiques de l’algèbre et de la géométrie.

Le « il y a de l’espace » semble être bien compris par tout corps physique constitué, vivant ou non, repèrant toujours une géométrie minimale même inconcevable, tels que les quantons, atomes et champs divers, ce qui mène loin en deça de la corporéité. A la limite, les objets physiques deviennent eux-mêmes des modalités relationnelles de l’espace, et ne sont plus pour ainsi dire « dans » l’espace mais « spatialisant » les phénomènes jusqu’à des niveaux difficiles à se représenter. N’oublions pas à ce sujet que les symétries intelligibles de cette géométrie sont des modèles toujours mécanistes d’une réalité qui elle, ne l’est pas.

Le « il y a du temps », semble aussi généralisable à tous les « objets » ou entités physiques, puisque en deça même des oscillations atomiques, une simple loi rend équivalent toute quantité d’énergie ou de masse à une fréquence propre, c’est à dire un battement temporel. Or, la présence même de quoi que ce soit est impliquée au minimum dans une action, c’est à dire une énergie de masse, de mouvement, une tension ou une force quelconque dont l’un des aspects est la temporalité.

Les multiples relations entre les corps et entités physiques se situent alors dans un champ de manifestation assez large où il faut faire appel à des géométries complexes, des synthèses vibratoires élaborées pour comprendre quelques petites choses, qui semblent fonctionner.

Mais la question qui plane au-dessus de toutes les recherches en physique est toujours en quelque sorte :  » y-at’il une géométrie différente et supérieure qui relie entre-elles toutes les autres qui ont été formulées à différentes échelles ou différentes approches (relativité quantique) ? » Qui se dirait aussi :  » Un espace nouveau pourrait-il intégrer la totalité des dimensions de la physique et expliquer l’étendue universelle de ses lois ? »

Elle n’est jamais , ou presque quelque chose comme :  » y-a t’il une temporalité différente qui permette d’intégrer toutes les lois physique d’évolution(incluant détermination et hasard) au même diapason, et qui donne la clef de l’origine de la phénoménalité elle-même ? » Ce qui se dirait plus simplement :  » Un nouveau Temps pourrait-il intégrer la totalité des modes temporels et expliquer la constance des lois, et conditionner l’occurence de tous les possibles ? »

On comprends rapidement que la physique ne peut absolument rien dire de tel dès lors que la temporalité y est réduite à une dimension qui ne fait qu’articuler un système de symétries de forces déterministes. Elle n’a pas considéré encore le lien implicite entre “Temporalité” et :

– d’une part, l’implication directe du « hasard absolu » des évènements quantiques, sur une redéfinition probabiliste de la détermination.

– d’autre part des évènements métaphysiques de choix d’observation sur la déterminations des phénomènes.

Le temps classique prends sa véritable forme dans le système relativiste, et sa véritable nature dans la dynamique des états quantiques. Mais sa définition reste minimalisée : la science est bonne en ne définissant pas les choses, mais en établissant un système de relations entre des notions toujours assez floues. Ainsi, l’expérience en physique , se réduit à une modélisation calculable, qui semble intégrer à chaque révolution un nouveau domaine de subjectivité, sans pour autant de donner la tâche d’expliciter dans sa théorie ni le sujet, ni l’objet, ni les relations entre eux. Par exemple, la détermination de conditions initiales et d’observables finales pertinentes appartient au chercheur et non à la théorie. Les notions de charge, masse, etc… restent des données sans origines, non définies, qui préfigurent l’étendue de notre incompréhension fondamentale de ce qui se joue derrière leur existence même.

 

En ce sens, la théorie est un dispositif de modèle de l’observation misant exclusivement sur une supposée organicité entre l’observable et le calculable. Le paradigme, qui fait office de “monde conscient” lissant les aspérités du réel, est un pari sur une cohérence entre l’expérience du formulable ou formalisable et du devenir, dont les nombreux présupposés servent d’orientation “inconsciente” garantie par les vrais sujets humains qui l’exercent, la pensent et l’orientent. Les réalisations et productions dérivées, sont alors bêtement la rencontre d’intérêts en tout genre avec la puissance autorisée par cette organicité et cette cohérence. Sans vraiment se doter d’un autre credo que : “on avance !”, l’activité scientifique laisse perplexe un nombre croissant de penseurs et théoriciens qui souhaiteraient un cadrage plus explicite de cette fantastique dépense d’intelligence humaine. Mais vers où ? La temporalité de l’activité scientifique, objet d’une méta-science telle que l’épistémologie, n’a pas de théorie…mais son attractivité sur l’instinct exploratif et le désir de puisance technique semble suffire à lui garantir un long avenir.

Loin de nous l’idée de proposer quelque chose comme une reconstitution du “temps”, comme une donnée en soi dégagée de l’expérience. La réduction phénoménologique ou l’analyse existenciale n’ont pas permi de découvrir un nouvel aspect de la temporalité, mais les sciences ne cessent de dégager de nouveaux processus à l’œuvre à travers les expériences “des” temporalités.

Nous pensons qu’une telle déconstruction a certainement en fait son pendant dans d’autres domaines, et que l’éclatement de la manifestation temporelle n’en est qu’à ses débuts.

C’est pourquoi, nous ne partons pas d’une idée de temps, mais d’un fait plus élémentaire, peut être fondamentalement le support de toute notion temporelle, c’est à dire la persistance.

La persistance, ne correspond pas tout à fait à la notion de “conservation de l’énergie”, puisqu’il s’agit plus largement de la préservation de la structure, de l’information, de la configuration. Le systèle physique est donc tout aussi concerné que la manière de l’appréhender : de le définir en tant que système. Ce que la non-persistance implique peut alors être, tout comme l’ajout ou la suppression d’énergie dans un système, un changement dans la perspective même qui envisage les choses.

Ce que tout mouvement ou transformation présuppose, pour être caractérisé, c’est la persistance d’un cadre pour établir le degré, la quantité, la qualité ou l’effectivité de ce mouvement. Le mouvement au sens large comprends le déplacement (transformation de la relation par rapport à un référentiel), l’altération (transformation des relations internes), l’effectivité (la transformation de l’état d’existence, du degré de présence, entre possible, probable, potentiel, actuel, effectif, etc…). L’Energie se conserve, malgré le mouvement. Mais cette conservation n’est possible que par la persistance de quelque chose. Cette chose est en jeu dans la définition d’un “système fermé” , ce n’est donc pas une caractéristique du système mais une condition de l’expérience, une garantie de cohérence. Le mouvement dans la conservation, ne se caractérise aussi qu’à partir d’une persistance, qui n’est pas “interne” ou “externe” au système, c’est la persistance des conditions pour envisager ce système lui-même. Et, à la limite, la persistance est compatible avec la non-conservation de l’énergie : ce serait donc la manière adéquate de comprendre la relation d’un système avec autre chose.

Prenons pour illustrer quelque chose de plus simple à comprendre qu’un système physique :

En disant : « ll faisait froid, mais maintenant le soleil brille bien haut« , le «  mais maintenant  » introduit une modification  .

On se rend compte qu’‘il n’est pas possible de caractériser le mouvement avec l’information donnée ici, car noter une température et une luminosité ne suffit pas à établir un lien. A 8000 mètres d’altitude, il fait toujours froid si le soleil brille. De même, la présence du soleil dans le maintenant, ne dit rien sur son absence lorsqu’il faisait froid. Pas plus que sa hauteur. Mais si j’ajoute avant cette proposition « au levant… » ou bien « Lorsque les nuages passaient… » , on comprends qu’un mouvement a bien eu lieu : la visibilité du soleil. Mais a-t’on vraiment toute l’information sous entendue ? On va voir immédiatement que non.

Si j’ajoute encore à la fin « …et il fait aussi froid », par exemple « Au levant, il faisait froid, mais maintenant le soleil brille bien haut et il fait aussi froid », on comprends que le mouvement a bien eu lieu, mais laissant persister le facteur « froid » qu’on s’attendait à avoir été modifié avec le reste. C’est soudain le mouvement de fond qui apparaît, tandis que la forme visée demeure.

Mais reprenons notre phrase : « Lorsque les nuages passaient, ils faisait froid mais maintenant le soleil brille bien haut ». Ici, on suppose que le fond a aussi changé la forme car la grammaire du « Lorsque…mais maintenant » semble pointer vers un mouvement, celui de la température. Toutefois, il reste possible de croire qu’il n’en est rien : la température est peut être restée la même, mais la présence du soleil suffit à atténuer le « constat » du froid, et remplace ce constat par la brillance du soleil.

 

 

Au fond de tout ceci, réside le fait que le changement spécifique d’une forme n’est pas lié au changement d’un fond, ni d’un autre caractère remarquable qu’on lui rattache par le langage. La seule évaluation d’un mouvement effectif se fait lorsqu’on peut l’apprécier directement, et encore ne vaut-il que pour la référence proposée. Ce qui est apparu en passant, c’est que même si l’on pointe un mouvement possible, associé à d’autres mouvements, sa persistance finalement constatée « …et il fait aussi froid. » fait apparaître le mouvement de fond avec plus de netteté. Nous irons jusqu’à dire que c’est parce qu’une référence se présente avec consistance qu’un mouvement se détache.

 

Or, on pense généralement ainsi, que dans un univers où le mouvement et la transformation sont toujours possible, qu’un phénomène de persistance est la condition d’apparition de son contexte mouvant. « Ce qui Persiste dans son être, conditionne l’apparaître », est un résumé de cette vaste docrine plaçant la persistance comme donnée centrale pour caractériser les mouvements, les transformations et les altérations ou effectivités. La notion de « repos » est souvent formulée, ou celle d’ousia, d’être en tant que présence constante.

Ce qui semble moins clair, c’est qu’en deça de la persistance et du mouvement, il y a cette évaluation réciproque. Au regard du mouvement, des symétries apparaissent comme des constantes, mais nécessairement aussi, le hasard absolu. Au regard de la persistance, apparaît du mouvement, nécessairement relatif, mais aussi de la contingence relative. Mais la causalité n’est pas établie, l’un n’est pas plus fondamental que l’autre.

Ce qui est constant est les lois de symétrie du mouvement sous l’angle des dimensions, et aussi le hasard sous l’angle des occurrences . Ce qui est en mouvement est l’ensemble de déterminations relatives, et des potentiels ou contingences possibles.

Le fait qu’on dise souvent que la science a rencontré Dieu est significatif, qu’à travers les règles subjectivistes et probabiliste du quantique, on découvre finalement un ordre métaphysique qui ne se plie à aucun autre et n’admette pas d’extension d’un ordre supérieur mais seulement des axes de développement différents. Dieu est ce qui permet l’existence, la manifestation, ce qui est apparent à travers les perspectives du monde, et qui garde le secret de l’essence du tout. Et en particulier, celui qui persiste sans admettre pourtant tout à fait que son autre, le mouvement, soit vraiment tout autre, et lui accorde une version réduite de sa persistance.

En celà, la Vie, est la forme manifestée de Dieu, car elle incarne cette forme subtile de persistance incomplète, elle partage en version limitée cette manifestation de l’apparaître. Cette dérivation de la persistance « divine » dans le monde prends des formes variées, avec des prétentions plus ou moins hautes, plus ou moins bien accordée entre elles.

Et tout comme Dieu ne se montre qu’à travers son rapport à la création (Saint Thomas), et réciproquement (Eckart), La persistance se montre par le mouvement et réciproquement, l’ordre et le hasard sont les facettes complémentaires de la nécessité et de la contigence des possibles. Et c’est dans le Corps Vivant , de l’atome à la galaxie, qu’on peut faire l’expérience de la relation entre le relatif absolu, et l’absolu relatif. (Sous l’angle de l’intelligible, aucune pureté de l’absolu n’est envisageable, naturellement).

Le point suivant est de montrer que cette relation, est pourtant suspendue à quelque chose.

La manifestation est le nom de la totalité de ce qui se présente. Ce qui est présenté comme mouvement ou comme persistance, l’un par rapport à l’autre. Ce qui est présenté comme possible ou comme effectif, ce qui est présenté comme transformé ou comme isomorphe. Comme présent ou absent. Ce qui n’est pas présenté alors est le medium, par lequel la présentation rend compte de ce qu’elle présente. Le temps est précisément ce qui médiatise tout ces concepts, c’est par le décalage relationnel que se manifeste l’être. Et la notion de « Temps » est le nom de ce décalage relationnel, cet espace de la pensée qui peut assembler une variété, un contexte et une situation, et se mettre en point de vue avec une partie pour observer l’autre, s’appuyer sur l’un pour s’élancer vers l’autre, négliger l’un pour relever l’autre, etc. La compréhension, la faculté primitive de la vie est avant toute chose ce lieu où sont dérivés les grandes catégories de l’intelligible, le Temps. Le premier temps, non mesurable et sans dimension, le temps qui donne à la manifestation un lieu pour se présenter, sous un angle et sous un autre, sans que ce soit au même instant ni en des instants distincts. La relation première d’intelligibilité , a besoin de ce temps sans dimension pour faire coexister avec elle-même la multiplicité.

Nous avons donc là un Temps compact de l’Esprit, similaire à l’espace compact et sans dimension du Corps qui permet à la Vie de participer à la manifestation, c’est à dire à la puissance même de manifester, d’intégrer le produit et le processus dans le cadre de l’expérience. Expérience donc limitée et relative à manifester, comprendre et vivre, de manière à nouer le cosmos de façon singulière. Comprenons qu’il n’y a aucune dualité entre esprit et corps à ce niveau-là.

Toute partie dun tout vivant est déjà à la fois corps (tel les atomes, molécules, organites, cellules, tissus, organes, etc…) et esprit (tel un receptacle d’intelligibilité à une manifestation selon le premier temps sans dimension, de présentation de la situation). Ce n’est qu’à partir d’une version dérivée d’une dérivée de la vie qu’il est possible de vraiment distinguer les langages du corps et ceux de l’esprit. Seules des contradictions intenses et insistantes, vitales mais déchirantes, ont dispersé les modes de cohérence physilogiques, affectifs, intentionnels. La participation aux uns ou aux autres est permanente, mais l’intelligibilité dépend des facultés d’intégrations diverses qui doivent parvenir de part et d’autre à se synchroniser.

Ce qu’on nomme ici Vie, relève donc du primitif cosmique, cédant et persistant à la fois à la séparation des faisceaux de la manifestation que sont l’agir et le geste, la volonté et l’intention, l’intellect et la formule, la présence, le modèle, etc….Mais ce n’est pas donc comme un flux du ciel qui se disperse en se multipliant, ni des ruisseaux terrestres qui se retrouvent au même océan. La Vie telle qu’on l’a comprise ici est bien l’Origine elle-même de la manifestation, de la relation, de la présence, et cette Originie s’entend de toute part, en toute chose, pour n’importe quel niveau de subjectivité, n’importe quel corps. La relation apparente corps-esprit, n’y est pas même une relation, l’unité disséminée dans toutes les parties du cosmos n’y est pas même une unité, le multiple n’y a aucune trace d’être et l’être aucune trace de multiple. C’est l’univers lui-même en tant que doté de puissance, ce qui s’entend : puissance du devenir autre, c’est à dire sans cesse redevenir originel lorsque une forme se présente. On trouve la trace de cela dans tout organisme biologique, et à des niveaux différents dans toute forme constituée en interface dynamique.

Le propre du Vivant est de se situer, c’est à dire, s’organiser tant dans l’espace que dans le temps. Accorder à la vie la puissance de générer sa place, paraît saugrenu tant on nous parle d’évolution et d’adaptation dans et à un « extérieur », et ça devient très vite évident lorsqu’on comprends les facultés internes du vivant à donner du sens, et toujours accomplir sa dynamique propre au contact de l’autre. L’esprit séparé perçoit l’autre comme extérieur, l’esprit de l’origine se sait être lui-même tissé de strates multiples d’altérité, et connaît les moyens d’intégrer tout ce « peuple vivant en soi » à ses aspirations originelles.

Ce que la vie sait bien faire, c’est se faire passer pour ce qu’elle n’est pas, …mais aussi faire passer ce qu’elle n’est pas pour elle-même. Ici on entendra donc que l’origine a des faux semblants répartis à tous les étages des processus, se prends pour autre chose en de nombreux lieux, a des simulacres très bien intégrés à son fonctionnement, et joue le plus souvent à se projeter là où au fond elle sait ne pas tout à fait être. Ici encore, c’est le Temps premier, et l’Espace premier, qui tour à tour se prennent l’un pour l’autre. Ici croire ceci , et là savoir celà. Voir mieux en se déguisant. Se faire objet là où l’on conçoit, se faire sujet là où l’on se répand.

Ce qui est « subtil », l’énergie, l’information, la vibration, structure le vivant et se confond avec, conditionnant l’expérience. Il y a à ce niveau pré-expérienciel, une intelligence propre derrière les routines et déterminations vitales, et la même derrière le hasard. Cette intelligence est pourtant similaire à une totale insouciance et un laisser aller complet, car il n’y a pas de limite à la compréhension. Dans le vécu, l’expérience accède à un débordement de routines pour élaborer des conditions spécifiques. Cette expérience se limite en espace et en temps de cette façon : le possible s’altère par organisation, et l’esprit se détache du corps pour l’obliger. A l’inverse, la réaction est attendue : un débordement de flux aléatoires, évacuant l’esprit pour laisser le corps se livrer à son laisser-aller. C’est le repos , qui soutient un équilibre dans l’expérience spécifique en limitant sa programmation.

A notre niveau, l’esprit se fictivise, et déborde dans des corps non-biologiques et étend des routines dans la nano-matière. L’informatique s’intégrera de façon asynchrone. De même, le corps se fictivise dans des organismes non-psychiques, des prothèses qui se seront pas intégrables de façon synchrone. Mais cette tension dans la dualité « cyborg – inteligence artificielle » est un aspect de l’expérience plus profonde qui est sous-jacente : faire disparaître des facteurs traditionnels arrivés en bout de course, mettre fin à certaines limites de l’expérience précédente…et en mettre d’autres.

Comment persiste le vivant.

En tant que Corps Spirituel, l’expérience vivante repose dans les contextes voisins de l’humain sur une trame assez complexe et stratifiée. Tel un avatar qui ne pense qu’à partir de choix qui ont été posés par le joueur, la conscience ordinaire n’a pas la moindre idée des raisons qui ont poussé sa trame plus profonde à le jeter là, dans cette existence particulière, et pourtant assez vivable. Bizarrement, on remarque que le niveau de vivabilité, d’ennui et d’enthousiasme est assez constant chez les humains quel que soit leur rang, leur classe, leur région, etc… Des profils semblables se retrouvent dans beaucoup de conditions.

L’interface consciente a besoin de séparer un monde extérieur d’un monde intérieur, pour laisser évoluer des choses et en retenir d’autres, pour établir ses références et orientations dans la vie, pour rebondir en cas de perturbation. Mais dans le même temps, elle s’organise pour rendre le tout très cohérent et n’hésite pas à déformer l’un vis à vis des attentes de l’autre côté. La conscience ordinaire régule à son niveau un équilibre de tensions , comme le font les autres niveaux de conscience. Cela s’explique simplement si on considère que la « conscience » est caractérisée par ce qu’elle ne voit pas, ce qu’elle n’a jamais en vue directe et ne pense jamais : c’est à dire ce qu’elle fait et ce qu’elle produit en tant qu’attention, à l’intérieur du corps.

Florian JOURNOT