La Méditation Sensorielle : Pratique de l'Autosympathie

Résumé  :

 

L' enseignement présenté ici ne  se rattache pas  aux   traditions  d'enseignement de méditation : c'est un regard autonome,  qui renouvelle l'approche de la pratique de méditation sans contredire l'essentiel  des enseignements connus.

 

 La méditation est une pratique simple, mais difficile à définir et délicate à comprendre, peut être parce qu'elle repose sur une évidence : la relation à soi-même, qui est universelle , et pourtant personnelle et invisible. En définitive c'est dans la vie ordinaire que cette relation s'exprime, à travers tout ce qu'on nomme conscience, sensation, geste, engagement, intentions, attitude, comportement et relation aux autres...

 

Mais c'est dans la situation non-ordinaire de pleine disponibilité, immobile, posée à écouter et sentir l'expérience du présent, qu'elle peut évoluer, et faire ainsi grandir l'expression de soi dans le monde.

On découvre ainsi par l'exercice de méditation ce qui n'est pas une action, une technique ou un art : le potentiel vivant que nous sommes à chaque instant.

 

La notion-clef qui est introduite ici est l'Autosympathie. C'est à la fois le résultat obtenu et l'attitude proposée par la méditation, c'est le principe de nombreux phénomènes qui peuvent être analysés et compris de façon scientifique.

L'Autosympathie est naturellement liée à tous les processus vivants spontanés de régénération. Ils peuvent être compris au niveau universel et spirituel, et se vivent dans la dimension organico-biologique, comme au niveau affectif et émotionnel, et dans la sphère mentale et imaginaire.

 

Le lien entre tous ces processus est qu'ils sont vivants, organiques et physiques, tout comme ils peuvent être parfois conscients et perceptibles.  Leur résultat est la cohérence et l'unité qui soutient la vie, en accordant ensemble les diverses tendances et flux, à tous les niveaux. Ils ne dépendent pas directement d'un savoir, d'un effort ou d'une volonté, mais se manifestent dans certaines conditions.

 

Les conditions essentielles sont  : la sensation de soi-même (sous toute ses formes) et l'accueil de ce qui se présente (quoi qu'il arrive). C'est la base de la reconnaissance directe de soi, sans jugement ni attente.

La volonté, les ressenti, les émotions et attitudes envers soi peuvent être vécus sans identification : ce sont des états qui se laissent sentir, percevoir, accompagner sans être soutenus. Cette possibilité de revenir à la sensation physique laisse tranquillement se faire l'autosympathie malgré l'activité incessante des processus mentaux.  Ne pas être dans une attente spécifique, et recevoir ce qui vient avec bienveillance, conduit à découvrir les phénomènes d'autosympathie, en créant un climat de détente.

 

Il est nécessaire de passer par l'enseignement de la méditation immobile (assise) pour faire  profondément l'expérience de ces processus vivant qui se manifestent quand on ne se « mobilise » pas. Des situations en action prolongent cette pratique.

L'expérience de l'autosympathie dans la durée,  a les caractères suivants :Intime, directe, universelle, qui ne dépend pas d'une façon de penser ou d'un enseignement. Elle ne s'apprend pas ailleurs qu'en pratique et de façon personnelle. C'est l'expérience d'un mode de connaissance plus efficace et plus étendu que le savoir. Par cette expérience le potentiel profond de soi se manifeste dans la vie. Le résultat est immédiat : pratiquer c'est recevoir sans délai l'effet de la pratique. Il n' a pas d' effort nécessaire pour pratiquer : juste pratiquer tel qu'on est disposé. Ce qu'on découvre suscite un élan pour la partager, néanmoins chacun ne peut connaître cela que par lui-même. Ce n'est pas une compréhension mentale ou intellectuelle qui peut la transmettre.

 

Au delà de l'immobilité qui permet de toucher son cœur, L'autosympathie n'est pas liée à un comportement ou technique particulière, c'est une disposition liée à la  sensation de soi. Seule la conscience de soi et de nos sensations est la base. Il n'y a pas de règle morale ou de jugement spécifique qui contredise ou favorise l'autosympathie dès lors qu'on en est conscient sans aveuglement. L'attitude d'accueil de notre propre état permet d'affiner cette sensation sans poser des barrières à l'intérieur de soi, sans ajouter de tension ou de réaction.

 

La sensation et l'accueil du présent, c'est ce qui laisse se manifester naturellement toutes les ressources  pour évoluer, dans la relation à soi-même, et aux autres.