mediter debout

La meditation

Méditer, c’est être attentif à ce qu’on ressens à l’intérieur, à travers son corps.

Que faire, Que voir ? Inutile de chercher quoi que ce soit, l’essentiel viendra de lui-même !

Etre attentif, sans se détourner des sensations, c’est permettre à quelque chose de totalement nouveau de se produire dans notre vie.

Le monde entier provoque l’extinction de notre vigilance, par habitudes et mécanismes.

Par l’attention, nous transfomons le monde entier, par ce que nous sommes réellement, et qui n’est pas une machine.

Fasicule en Libre accès

Le Mindfulness, Pleine conscience ou pleine attention

Méditations Taoïstes

Débutant depuis 20ans dans la méditation, devant l'immensité qui est toujours ouverte à travers cette pratique... Pour changer un peu de votre Nième description de la méditation copiée sur tant d'autres... Je voudrais aborder de façon un peu iconoclaste ma perspective actuelle, pour ceux qui ont découvert cette merveilleuse pratique, et se demandent comment aller plus loin. Je vais peut être contredire ce qui vous a été raconté par ailleurs et prendre un ton polémique ou donneur de leçon ... prenez ça avec le sourire ! Ce ne sont que des regards. Lorsqu'on aborde des choses essentielles comme la méditation, on se doit d'être sincère et franc, tant que ça encourage à mieux connaître la pratique. Aujourd'hui les pratiques de méditation semblent largement connues et répandues, parce qu'on les a reconnu et qu'on en parle. Ce n'est pas le cas. Vous constaterez aisément que 99% de ceux qui pensent que c'est très bien, ne méditent pas plus que les autres. Pas même les moines Bouddhistes ! Les célébrités, les ouvrages et revues bavardant sur la méditation font bien peu appel à de la pratique approfondie. En fait, la méditation est abordée comme un simple moyen de régulation, pour ne pas dire une des modes du bien-être, alors que c'est beaucoup plus que cela. Alors pourquoi presque personne ne médite ? C'est un peu long à expliquer, mais ça se comprends et on verra plus loin pourquoi. Même après 2 ou 3 retraites intensives - et c'est déjà pas de la tarte ! - c'est rare de méditer de façon à la fois intense et régulière. Les témoignages de praticiens avancés sont assez rares. Bref, si vous pratiquez vraiment la méditation, vous arrivez dans un monde d'expériences largement méconnu en occident... Yoga, Vipassana, Mindfullness... beaucoup savant que c'est excellent, et se renseignent dessus. Une pile de bouquins, et après ?
Ce qui manque à beaucoup, c'est effectivement de pratiquer ! Un cours, un stage, par-ci, par-là... on croit que la régularité est plus importante que l'intensité. Et bien ce n'est pas le cas. Une retraite de 5 à 15 jours continus vous fera connaître une qualité de pratique inaccessible avec des années de pratique de courte durée (séances de 2h), et occasionnera des processus durables de transformation. Une plongée de 15 à 30 jours va largement bouleverser la manière dont vous pratiquiez auparavant. Alors, là, en général, on se moque en disant : "oui, mais c'est pas un challenge, on essaie pas de se surpasser, pour méditer c'est l'intention juste qui fait la qualité, etc." Hihi, bien tenté, mais non ! Si effectivement tout objectif de parvenir "ailleurs" est nuisible en méditant, et qu'on n'obtient rien de plus à se comparer à soi-même au cours du temps, il est pourtant évident qu'il y a des grandes transformations qui sont possibles par la méditation (pas seulement), et que la qualité de méditation existe, et se forme avec une expérience de soi-même. Il y a donc une forte détermination à avoir pour une pratique intense, donc une motivation ... Il y a des niveaux de concentration, et aussi des qualités de méditation...et celà c'est le temps et l'intensité qui l'apportent, donc la détermination à effectivement se livrer à ce "défi" personnel de la "retraite". En fait, l'attitude visée ressemble toujours à quelque chose comme :
"S'installer dans sa propre présence, relâcher ses attentes, être attentif et accueillir ce qu'on ressens, ce qui se déroule en nous..."
Mais le contenu vécu de cette expérience, se résume pour presque tout le monde à rester ouvert et disponible à son intériorité 25 secondes, et gamberger pendant 10 minutes avant de reprendre. De plus, ce que l'intériorité révèle effectivement, ce qui est à constater, évolue au cours du temps. Selon les années d'expériences , sans doute, mais surtout selon le temps en heures passé à méditer durant les derniers jours. Et c'est là que la notion de "retraite" prends toute son importance. La 50è heure de méditation de la semaine, ne pourra jamais être comme la 50e heure de méditation dans les 3 derniers mois. Et ça, ce sera pareil pour un méditant qui a 20ans ou 2ans de pratique. Si un praticien de longue durée peut vraiment attribuer son évolution à la méditation, c'est qu'il a pu bénéficier de périodes intenses. Et par ailleurs, la plupart de ceux qui ne font pas de retraites, laissent tomber la pratique. Mais tout cela est normal, et va pas de changer de sitôt ! C'est simplement pour faire la part des choses. Il y a des choses qu'on voit avec des bouteilles à 500m de fond, mais en apnée à 8m, c'est juste impossible. Pour faire simple : si vous n'allez pas vivre dans un lieu de retraite de méditation intensive pendant quelques jours, il est probable que vous n'obtiendrez jamais de résultat important de la méditation. C'est dit ! Et en même temps, c'est un choix qui en vaut un autre...et chaque chose en son temps. Il reste que bien sûr, la pratique s'entretient et vous allez inévitablement vous gripper dans votre faculté à vous concentrer à percevoir, à écouter la vie en vous-même, si vous ne pratiquez pas régulièrement après une retraite. Dans la pratique intense, une bonne dose de volonté et de discipline est requise au départ, mais très vite récompensée, par des bienfaits très rapides ! La technique elle-même compte aussi. Il y a des pratiques immobiles (Vipassana), en postures (Yoga), ou combinant les deux (Minfullness). Il y a des pratiques sur des actions spécifiques (QiGong), ou sur toutes les actions ordinaires (marcher, manger, travailler...). Ce sont des processus différents et complémentaires qui sont à l’œuvre. Petit souci : en général un enseignement va privilégier l'un ou l'autre. Mais déjà, si l'attention et l'accueil véritable du ressenti est mis en avant, ça fonctionne ... bien mieux que si vous restez avec des représentations, et des attentes. En général, les indications supplémentaires (visualisations, sons, histoires, couleurs) sont surtout là pour occuper le mental dans un état qui respecte la méditation, mais y contribuent assez peu, tandis que les sensations immédiates, sentiments, et l'accueil attentif et inconditionnel que vous y portez, va vraiment contribuer à éveiller des processus transformateurs. En même temps, il n'est pas toujours pertinent de s'ouvrir à la transformation, si votre intention est autre, car ce n'est pas toujours confortable et vous cherchez peut être le calme, le bien-être et la détente. Vous voulez juste être mieux dans ce que vous savez déjà être ? Alors, vous trouverez sans doute ailleurs que dans la méditation des pratiques plus directes et vivantes pour sortir du mental, et trouver la légèreté détendue dans votre constitution actuelle. Dans ce cas, ne pratiquez la méditation que si vous y prenez un plaisir naturel, sans quoi vous perdez votre temps à vouloir vous détendre tout en vous rigidifiant sur le fond. Avec la méditation, on peut obtenir en fait une toute autre qualité de vie, mais ça signifie aussi être prêt à ouvrir des espaces en soi-même actuellement recouverts par des nœuds et autres défenses psychophysiques dont la transformation ne sera pas de tout repos, et risque de faire fortement remuer vos états intérieurs. Etre prêt à le vivre, c'est donc être prêt à laisser tomber des rigidités, qui pour l'instant semblent indispensable à votre vie...mais donc de les rendre manifestes, ce qui est inconfortable. Or, on constate qu'on passe de temps en temps par ces phases, qu'on le veuille ou non. La méditation est alors un outil extraordinaire pour transformer toutes les difficultés et les turbulences intérieures en force de vie, et fluidifie largement les processus qui grincent à l'intérieur de nous dans les périodes difficiles. Mais ça, ça peut faire peur de le provoquer quand ça ne se présente pas. Voilà pourquoi méditer, ou intensifier sa méditation, est quelque chose qui rencontre des résistances profondes. Même quand on connaît la joie et le bien-être d'après une bonne retraite, notre esprit ne souhaite pas se retrouver en terrain instable. En clair, ça fait flipper. Et c'est normal, et c'est ainsi que la vie apprends à évoluer : mais c'est comme s'acheter des habits, et préférer les garder en souvenir alors qu'ils sont trop petits depuis des années. Parce qu'on cultive une image de soi-même encore plus forte que le vrai contact avec soi-même, il est plus confortable de rester avec des croyances sur soi-même que d'avoir à les changer. Sur le plan de l'identité, on n'aime pas trop les surprises...du moins tant que notre référence principale est le "Moi". Lorsqu'on a intégré n'être en fait qu'une partie d'un flux vivant qui ne dépend pas du "Moi", on délaisse toute image construite sur soi-même, et il devient plus simple d'aller en contact avec les zones incertaines. Ainsi, méditer intensément est plus accessible lorsqu'on reconnaît dès le départ notre ignorance sur soi-même. En faisant confiance à la vie pour nous révéler plus profondément ce qu'on est, pour nous intégrer dans l'univers plus intensément que ne l' a fait jusqu'ici notre éducation et notre histoire. En définitive, l'engagement dans quelque chose qui nous dépasse est l'obstacle de la méditation pour un esprit "qui veut s'en emparer". Mais la pratique, en ce sens, nous fait rencontrer notre propre foi, quelle qu'elle soit. Quel que soit votre Dieu, votre principe ultime, la méditation vous y ramène ou vous le fait découvrir, car vous n'aurez pas grand chose d'autre comme repère pour votre expérience. Quoiqu'en disent les scientifiques, méditer n'est pas quelque chose de compréhensible avec notre regard actuel, et touche, quelque part, à la nature du sacré : à l'indicible réel qui nous ramène à lui, à le vivre vraiment, sans pourtant le comprendre. Ce n'est pas s'abandonner soi-même (comme si on était autre chose que soi-même et qu'on désertait la place !), mais abandonner tous les préjugés sur soi, sur la vie, et abandonner des mécanismes et réflexes qu'on croyait important pour exister jusque là, alors qu'en fait, un autre "soi" est possible. Mais lorsque cela se passe vraiment dans vos cellules, il n'est pas question de se baser sur la simple volonté ou un désir superficiel. Réalisez que la plupart des choses que la société nous conduit à vivre, n'existe que pour consolider une "image de soi-même" qu'on espère ajuster, affiner et contrôler, en "réussissant" à être comme on l'imagine. Même pour les gens qui se croient "spirituellement évolués". Et bien, c'est comme si la méditation nous apprenait que toute cette agitation autour de notre image, n'est qu'un château de carte qui ne repose sur rien, et nous amène à plonger dans notre présence réelle, dans la dynamique profonde qui s'anime en nous... et qu'il va falloir commencer à connaître un peu mieux. Par chance, on est vraiment revigoré et rafraîchi avec la pratique... Mais la sincérité n'est pas le point fort de notre "cerveau prestidigitateur" qui fait passer ses exigences de cohérence narrative avant le besoin d'unification de l'être. "Méditer et vivre devient une seule chose avec le temps." Ça se dit souvent, mais ne se pratique pas ainsi !
Oui, il y a quelque chose de très juste. Mais là c'est aussi très facile de se leurrer, et donner une couleur ou une attitude méditative à n'importe quelle pratique en s'imaginant que la méditation s'arrête là. Ou en croyant que ceux qui sont "décomplexés dans leur action et pleinement présent" sont dans la méditation de la vie. En effet, Sentir le dedans et le dehors réunis en soi, et Accueillir l'immédiat, est praticable dans des activités nombreuses. Mais à ce compte là, tout le monde médite déjà, car c'est ce que fait le corps vivant en permanence, sans quoi de gros soucis surviennent très vite. Or, tout est dans la disposition avec laquelle notre esprit est effectivement relié et continuellement nourri de ce flux vivant, et l'emploie dans l'existence. Et ça, ce n'est jamais acquis, et peut cacher des illusions encore latentes qui auront leur temps pour se transformer, à leur tour, même pour des personnes très accomplies. Mis à part la dimension artistique et singulière de chacun, incomparable, il est évident que l'esprit dans son état ordinaire est submergé d'éléments parasites et habitudes, et laisse le corps intervenir dans son bocal mental uniquement dans des liens très spéciaux : besoin vital, douleur, plaisir, imagination et rêves pertinents, le reste étant le brodage linguistique transpersonnel qui s'organise sous le nom de "monde", et qui n'est qu'un modèle réduit et utilitariste du réel. Mais ici, ne croyons pas que la "libération des illusions" soit le but ultime, et l'éveil un abandon de toutes les croyances, donc un moyen d'en finir avec toutes formes d'existence dans les mondes conditionnés. Bien au contraire, accepter la composante illusoire de la vie, et accueillir nos structures de croyances est la base de toute la pratique méditative. Il est simplement évident que tout ceci est transitoire, et il y a pourtant mille manières de laisser stagner et s’agripper inconsciemment à des choses désuètes... Je considère simplement qu'aucune attitude méditative n'est stable ni même acquise... et tôt ou tard la vie elle-même rendra désuète les formes actuelles de notre pratique, tout en nous apportant son lot d'habitudes à la fois pratiques et limitatives. C'est le jeu ! Pratiquer dans le cours de la vie, et aussi pratiquer "spécialement", dans des temps hors de l'activité, reste donc le moyen le plus simple d'entrer dans une pratique durable...et évolutive. La méditation commence donc par s'enseigner, dans des temps spéciaux, et il est bon de trouver la forme et le cadre qui nous correspond. Avec de l'expérience, on peut donc pratiquer des méditations tout en poursuivant nos actions au quotidien.
Certaines formes, peuvent au contraire nécessiter de s'abstenir de toute activité, sauf la présence vigilante à ce qui se passe.
Je vais en profiter pour vous révéler brièvement quelque chose qui pourra vous éviter des erreurs de compréhension et des débats inutiles pour comprendre ce que signifie cette "retraite", mais qui n'est jamais expliqué.
La vérité, c'est que la présence attentive à ce qui se passe... est la seule activité possible dans la vie. Le reste, n'est que réaction à des flux déjà présent et existant. En d'autre terme, la seule créativité et la seule liberté est de se relier avec notre attention, et décider de répondre ou non à ce qui se présente alors dans cette relation. Toutes les possibilités existent en nous, nous ne faisons que constater et nous en remettre ensuite à des programmes. La création, le tri et l'amélioration des programmes ne dépend pas de nous, mais de la vie. Leur renouvellement, leur sélection et finalement leur abandon dépend de nos attitudes d'attention envers eux. Il n'est donc jamais question véritablement de bien et de mal en soi, mais de programme adaptés ou non, pertinents ou pas dans une situation. Méditer, c'est revenir à exercer cette liberté première, et être alors toujours en contact avec cette créativité vivante. C'est entrer en intimité avec les processus qui permettent de vivre selon ce que nous sommes, sans rester encombrés de programmes obsolètes et automatiques. Une vie véritable est faite de notre liberté d'attention laissant faire la vie , et se perd lorsque nous laissons des habitudes persister jusqu'à remplacer cette liberté , et forçer la vie selon nos attentes. Il est vrai que peu à peu, la notion de technique séparée des activités, laisse place à une façon neuve d'aborder chaque minute de sa vie. Mais rester immobile fait déjà partie de la vie de tout le monde, bien que tout à fait hors du ressenti immédiat et de l'accueil. C'est l'occasion pour celui qui médite, de vraiment approfondir sa pratique. Méditer est un Art multiple et très intime que chacun développe tout au long de l'existence. Dans les escaliers, en conduisant, en nettoyant, en entrant et en partant...etc
Toutes les circonstances sont l'occasion tantôt de nous sentir dans notre émotion, dans notre posture physique, dans notre souffle, dans nos appuis...etc.
Le flux continu à l'intérieur et à l'extérieur est permanent, même durant le sommeil et les rêves il y a de la place pour notre attention ! La méditation permet à toute expérience de s'intégrer toute entière, dans un espace libre et toujours vivant, l'espace d'une présence universelle qui exprime, quelque chose d'unique à chaque instant, sans forme et inépuisable. Quelque chose que certains vont associer à la plus haute valeur : l'Amour dont on fait une expérience nouvelle à chaque instant.
Mais notre imagination est toujours limitée, tandis que cette sensation fluctuante, directement accessible à travers le corps, n'a pas d'image ni de mot. La recherche psychologique et scientifique évolue très rapidement, et l'expérience s'accumule pour bien les utiliser dans le contexte médical et thérapeutique, socio-relationnel, mais a encore peu abordé les dimensions artistique et spirituelle, ni même politiques ou économiques. C'est pourtant là que l'on dépasse les intérêts limités qui engagent chacun dans la méditation : "Qu'est-ce que ça me fait ?" Oui, je vais mieux, ça m'aide et me soigne, je retrouve ma vitalité, je dors mieux, bref, tout est bien. Le monde à changé d'allure. Le monde ? ou bien "mon monde" ? Or, s'il est évident que renouveler la perception du monde et de soi-même est la base pour transformer aussi ses objectifs, actions et comportements dans la vie, il est à peu près certain que la méditation enseignera de nombreuse choses à chacun qui dépassent sa vie personelle. Qu'aime-t'on vraiment ?, que peut-on faire de mieux ? De quoi est-on vraiment capable ?
A qui et à quoi suis-je relié en permanence ? Comment est-ce que je m'approvisionne ? Quelles sont les effets de mon comportement ? Que puis-je connaître et soutenir dans mon existence ?
Voilà des questions profondes que soulèvera la méditation d'une façon radicalement différente d'une préoccupation mentale, car ce sont des problématiques qui peuvent nous traverser dans "nos tripes", et occasionner des transformations bien au-delà de l'équilibre psychosomatique individuel. Ainsi, l'artiste, l'acteur politique et économique, le conjoint, le parent, l'exemple que nous sommes dans la vie est soudain face à des processus vivants touchant à ces questions (qui ne se posent en fait pas de cette façon en pratique). Des vrais intuitions et sensations, surgissements et basculements, décisions et réflexions, vont intéragir avec chacun, et remettre la vie individuelle dans un contexte plus large, mais pas avec des préjugés, des valeurs morales ni des représentations : simplement parce que l'on est à sentir ce que l'on est vraiment, et que tout ceci rentre en compte. C'est ainsi qu'une force incomparable peut soutenir l'action dans le monde, car il n'est pas aussi facile de se détourner d'une sensation présente en nous-même, que d'un modèle idéalisé ou d'une idée pertinente. Ce qui vous amène à vous transformer par la méditation ne vient pas par une compréhension et par les idées, mais par une attention très riche et complexe qui permet seule des décisions et une volonté durable. C'est ce que vous êtes qui vous pousse, et pas ce à quoi vous voudriez ressembler. Nous en arrivons donc à reprendre un peu tout ça en raccourci : La méditation, est-ce le top du top de la vie ?
Pour certains oui, mais en fait, le top du top est ce que nous vivons dans la vie, en méditant ou pas ! Dans la mesure où la méditation nous révèle à la vie, c'est super. Mais d'autres ingrédients sont essentiels, et aucun enseignement de méditation ne détient tout ce qui nous permet d'accomplir pleinement notre vie. Pourtant, c'est souvent la pratique de la méditation qui nous permet d'accéder à ces ressources, plutôt en pointant sur nos croyances, mémoires, blessures et blocages, et en découvrant des ressources nouvelles et des orientations profondes de notre existence. L'essentiel dans la vie est ce qui vient prendre place en nous-même, et la méditation n'est que le moyen le plus simple de reprendre contact à la source intérieure. Simplement être attentif. D'innombrables moyens d'accéder à nos ressources existent aussi, dans des formes variées. Et les les arts, les relations, l'amour, les jeux, l'apprentissage, contribuent largement à vivre "au top". Quel est le but de la méditation ? Peu importe ce que nous mettons dans les buts de notre pratique personnelle. Cela peut être pour le bien-être, la santé, la sagesse, l'efficacité, la spiritualité... Dans tous les cas, nous devrions oublier ces objectifs pour bien pratiquer, et la pratique nous révèle des facettes inattendues de nous-même et de la vie, dans sa capacité profonde de régénération. Des transformations dans différents domaines sont toujours au rendez-vous, tant que nous pratiquons véritablement. Si bien qu'il est finalement bon de pratiquer la méditation pour ce qu'elle est par elle-même : un processus vivant qui nous révèle tant de choses qu'on aurait peine à les imaginer et les décrire. Quelles sont les pratiques les plus probantes ? Celles qui proposent une écoute corporelle attentive aux perceptions immédiates, et n'engagent pas de processus de compensation mentalisé. J'ai connu la méditation "formelle" par l'intermédiaire du Zen, du Tao, de Vipassana, et "informelle" par la musique, la marche, la danse et des jeux de création spontanés ou guidés. Aujourd'hui, après 20 ans de pratique évidemment irrégulière et évolutive, c'est la pleine attention sensorielle, dans l'immobilité et dans l'action, qui est le plus probant pour moi, et je crois que Vipassana selon l'école de Goenka, est l'enseignement pratique le mieux adapté pour ceux qui veulent approfondir leur méditation "ordinaire" (pour la théorie et l'usage général, c'est un peu plus compliqué...voir la page "vipassana".) Mais aucun enseignement actuel ne me semble complet ni parfait - pour un occidental d'aujourd'hui. Il est donc normal que de nouvelles méthodes voient le jour, mais ce sont surtout pour l'instant des introductions pour débuter. Or pour continuer et persister il faut un cadre, mais à ce point je crois que chacun doit chercher une voie qui lui corresponde et en général, il y a bien d'autres valeurs à nourrir et pas qu'une simple technique pour méditer ! Mon choix personnel est une approche basée sur le corps vivant, la non-dualité et la recherche agnostique, qui traverse des traditions variées allant du tantrisme au soufisme, des alchimistes aux chamanes. Mais c'est tout à fait sans importance, car nos choix ne nous font pas avancer par ce qu'ils sont eux-mêmes, mais parce que nous nous engageons vraiment ! D'où tirent-elles leurs effets ? Les approches de méditation tirent leurs effet d'une pratique engagée, adaptée à chacun : en contribuant à vraiment relier notre vie organique, affective, imaginaire, mentale, comportementale, spirituelle, etc. C'est une communion avec l'intérieur, qui peut survenir à des niveaux variés. La méditation va vraiment pouvoir laisser se métamorphoser des choses que la majorité des thérapies ne vont qu'enrober de mécanismes d'intégration compensatrices à des niveaux supérieurs. Nul ne sait les traces qui subsistent vraiment, mais en allant écouter en profondeur, il y a vraiment beaucoup de choses, inaccessibles à nos modèles, à nos interventions et diagnotics, et ces choses se transforment vraiment, et nous transforment avec. Cette transformation provient d'une énergie vivante bien au-delà des capacités ordinaires, tant par sa pertinence que par son efficacité. Bien des choses qu'une thérapie de 10ans ou qu'un maître spirituel vous transmet en 20ans, peut être obtenu en quelques semaines de méditation intensive si on est prêt. Des états modifiés de conscience semblables à ceux obtenus avec des méthodes invasives (plantes, rebirth...), peuvent survenir ici de façon mieux intégrables et vraiment initiatrices. Personne ne sait à quoi nous somme prêt, mais la méditation, oui ! Et elle le démontre à tous ceux qui pratiquent de façon attentive. Les pouvoirs merveilleux de la vie proviennent des ressources internes profondes, et non pas de vos intentions, imaginations et volonté provenant du mental. Toutefois, les enseignants sont importants, les leur présence aide à déjouer les obstacles dans le cheminement. En particulier, un thérapeute, un maître spirituel peuvent nous aider à nous connaître et pratiquer ce qui est pertinent pour nous, dans le cadre d'un groupe, et qui passe par la relation humaine. La relation à soi et la relation à l'autre se nourrissent mutuellement, car nous sommes des êtres affectifs et sociaux, et notre transformation est une transformation de choses sur un plan qui dépasse la personne individuelle. De même la méditation est bien complétée par des pratiques somatiques (Yoga, Massage, Ostéopahie, Soins énergétiques) lorsqu'on cherche activement à faire bouger nos structures en profondeur. Mais il faut alors admettre et accepter qu'on produira peut être autant de nouveaux schémas qu'on en ôtera d'anciens ! Celà vaut aussi pour tout accompagnement par des maîtres ou des thérapies : nous faisons circuler en nous des choses régénérantes, mais qui pourront un jour s'avérer des coquilles à laisser ! Il est donc très légitime de s'en remettre exclusivement à la vie elle-même, celle qui nous porte et que nous pratiquons par soi-même sans interventions extérieures, à son rythme. Peut-on méditer en mouvement ? Oui, dans toutes les positions et aussi en mouvement. Mais celà demande un apprentissage spécifique, et permet d'accéder à des processus différents de ceux dans l'immobilité. Les deux se complètent très bien, et l'un ne peut pas remplacer l'autre. En croisant les regards, méditer ressemble à un art, l'art d'entrer pleinement dans l'expérience de la vie elle-même, et de connaître ainsi ce qui demeure généralement inconnu : nos mémoires, l'inconscient, nos origines, nos rêves, le sens des choses, l'intérieur de tout être, la vie de l'univers... L'équilibre des émotions, la conduite adaptée, l'attention, la concentration et des exercices physiques ou mentaux, accompagnent souvent la méditation, pour la soutenir. Certaines activités sont parfois proscrites. A partir d'une intégration et d'une pratique consistante, c'est une autre façon de vivre en toutes circonstances, qui facilite la méditation. Les premiers états méditatifs avancés, permettent d'entrer pleinement en contact avec la trame vivante des flux au cœur de toute expérience. Beaucoup de choses apparaissent sous un jour nouveau, et nos valeurs profondes deviennent plus présentes. Peu à peu, nous nous reconnaissons alors comme semblable au fond à toute vie existante, partageant une seule et même existence, tissée derrière les différentes conditions. En retour, une certaine prise de distance avec nos caractères personnels singuliers, nous permet d'en tirer le meilleur, et et d'accepter le reste. Quelque chose d'unique, à la fois léger et très dense, se dégage des praticiens de méditation. Loin de rendre tout le monde semblable, la méditation rend à chacun l'accès à ses ressources. Ce n'est que la vie. Si certains vous semblent perchés, ou envahissants, ou effacés et résignés, si certains vous semblent rater quelque chose d'important ou trop insister sur tel ou tel aspect : gardez à l'esprit que la perfection vivante est située derrière les apparences, dans le mouvement qui permet en temps voulu de passer à l'étape suivante. Nous ne rencontrons que des humains, à un certain stade d'évolution. La méditation permet à tous de traverser la vie en évoluant en profondeur. Mais nous ne partons pas du même point et n'arrivons pas au même. Et la vie garde vraiment la trace de toutes nos expériences. Ayez juste l'audace de trouver un jour l'occasion de vous en remettre totalement à la Vie, où à ce qui est pour vous Dieu, l'Univers.
Comprenez que vous participez déjà à cette vie, et ce don et cette disponibilité totale sont au fond, très naturels.
Et que ceci se déroule ici même, en vous, à travers votre corps et vos sens.
Permettez à votre expérience de l'existence, ce jour là, de laisser se perdre toute attente.
Permettez-vous de recevoir à chaque seconde une trace de l'infini intérieur,et d'accueillir quelque chose d'immense ou minuscule, d'inconnu ou d'évident, qui vienne de l'intérieur de votre corps.
Prenez le temps de le faire vraiment. Un jour. Toute la journée. Chaque seconde.
Quoi qu'il arrive, maintenez jusqu'au bout cet Accueil et cette Sensation de vous-même.
Vous y survivrez, mais le lendemain, sera le premier jour du reste de votre vie.

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